Salon du livre érotique d'Evian - épisode 14 : questions à Marc Dannam
Il restait moins d'auteurs le dimanche au salon du livre érotique. Une place vacante à côté de Marc Dannam m'a permis de m'asseoir et de poser quelques questions à cet auteur de guides sexo / livres de culture érotique (Osez... faire l'amour partout sauf dans un lit, Osez... faire l'amour au bureau, 1001 secrets érotiques, les Sexy quiz books en collaboration avec Stéphane Rose comme Êtes-vous une experte du sexe auquel je me suis amusée à répondre,...) et directeur de la collection Osez.
J'ai donc demandé comment s'est faite cette collaboration avec Drugstore pour l'adaptation sous forme de BD des volumes de la collection Osez (Rappelez-vous, je vous en ai parlé, de trois volumes du moins puisque je n'ai encore rien rédigé sur le quatrième, je suis en retard...). L'idée d'adapter la collection trottait dans la tête de la Musardine, sous forme vidéo, ou encore en interne sous forme de bd avec les éditions Dynamite, mais dans le même moment, Glénat (donc Drugstore) leur a fait une proposition.
La nature même de la collection Osez, qui se présente comme un ensemble de "bouquins de cuisine" faisait que l'adaptation était difficile. Il fallait un prétexte à une narration, un vecteur qui soit plus proche du lecteur que de l'auteur : rappelons de plus que les livres de la collection Osez ont différents auteurs et que les bd reprennent des livres de Marc Dannam aussi bien que de Servane Vergy...Et que Marc Dannam, comme il le dit lui-même n'est pas "une fille rousse avec un gros cul" (Le personnage de Swan présent dans les bd a cet aspect).
Karo, dessinatrice de la bd, avait fait deux albums avec une approche réaliste de ce que peut être une histoire érotique, avec des filles pas spécialement plantureuses, dans un univers contemporain.
Les phases préalables de la narration sont accélérées, la situation vite mise en place, réponse à la difficulté d'apater un genre à un autre.
Monsieur pose alors une question sur le lectorat de la collection.
Marc Dannam répond qu'à 70% ce sont des femmes, qui peuvent glisser le livre à leur copain en suggérant "tu es l'amant du siècle mais tout de même il y a quelques petites choses que tu devrais savoir..." Le couple était l'objectif premier puis on s'est vite rendu compte que c'était davantage les femmes qui étaient en réalité les lectrices. Ce sont elles, les moteurs...
Nous en sommes ensuite venus à la question de l'avenir de la collection. Après quarante titres, que peut-on écrire de plus ? Un des prochains thèmes sera le massage érotique. Mais toutes les pratiques sexuelles identifiées sont à présent traitées dans les volumes. Il y aura ainsi par la suite un retour sur les sujets déjà abordés, mais avec un autre point de vue : exemple, la fellation vue par une femme et non plus par un homme. Il est aussi envisagé d'apporter une vision experte, d'offrir des livres plus pointus.
En dernier point, j'évoque le guide Osez... vivre nu et raconte que les indications pour trouver une plage naturiste ont pu nous être précieuses. Marc Dannam explique alors qu'il a eu des problèmes avec des naturistes lorsqu'il a écrit ce guide. (Je reviens sur ce que j'avais écrit sur ce livre, il y a déjà bien longtemps : "Le livre traite de multiples aspects de la nudité, il sera donc inadapté aux naturistes convaincus et aguerris mais sera tout à fait attrayant pour ceux qui voudraient s'essayer à la nudité". Il faudrait donc aussi préciser, inadapté aux intolérants de tout poil).
Les questions réponses se sont alors arrêtées... C'était le moment de la remise des prix Eros Evian (autrement dit, l'épisode 10 de cette saga placée dans le désordre) !
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Salon du livre érotique d'Evian - épisode 13 : Franck Spengler (dimanche)
Franck Spengler des éditions Blanche est donc, après sa lecture et les quelques mots prononcés samedi, retourné sur la scène afin d'évoquer la littérature érotique. Voici les propos tenus, un peu épars, puisque ce sont mes notes que je vous livre quasi telles quelles :
Faire la promotion de la littérature est un combat au quotidien, car la littérature érotique est considérée comme une sous-littérature comme le polar l'était dans les années 50. (Une petite note personnelle : je me souviens lorsque j'avais 15 ans avoir dit que je souhaitais devenir bibliothécaire. Et qu'aimes-tu lire ? m'a-t-on demandé. Des romans policiers ai-je répondu, car j'en lisais beaucoup à cette période. On m'a dit : il faudrait que tu lises autre chose. Alors, sous-littérature dans les années 50, mais encore considérée parfois comme telle...) Or, la littérature érotique est un genre à part entière, il faut le faire comprendre aux médias.
(J'intercale une photo que monsieur a faite alors que je prenais des notes dans la salle avec mon chapeau de pluie - sait-on jamais ce qu'il peut tomber, je suis prudente !)
C'est la plus vieille littérature au monde. En - 4000 av. JC, un texte expliquait "comment réussir son partenariat amoureux".
Y a-t-il une ouverture ? On trouve plus facilement des livres érotiques en librairie. On va vers une normalisation. Mais le ghetto est toujours là, on n'en parle pas dans les médias pour évoquer le livre tel quel mais pour son aspect scandaleux.
Cela fait presque trois ans que les éditions Blanche n'ont pas eu de papier dans la "grande presse".
La littérature érotique est la seule littérature ferment de révolte.
On projette sur le lecteur ce qu'il y a dans le livre.
La littérature érotique est la seule littérature, avec celle d'horreur peut-être, où il y a une double réaction du lecteur, avec une dimension physique. Ce qui est intéressant, c'est lorsque le livre propose une histoire forte du point de vue littéraire qui procure aussi une émotion physique. Cela atteste de la réussite de la musique des mots.
A peu de choses près, un livre est vendu à 1000 ou 1200 exemplaires. C'est une économie d'épicerie. Il faut compter sur les droits dérivés, édition en poche, les clubs comme France Loisirs, les ventes à l'étranger aussi.
Pour gagner un public plus large, il faut aller vers du ludique, proposer des objets autour de la sensualité. (Note personnelle à nouveau : pour ma part, je ne vois absolument pas comment on peut à partir d'un "objet sensuel" - et j'ai évoqué tout récemment un de ces produits, les Invitations sensuelles, sorte de jeu pour couples - amener vers la littérature. C'est une autre branche, une diversification choisie par les éditions Blanche, soit, une façon d'exister autrement, mais le lien avec la littérature est tout de même très ténu) Il faut un travail sur les nouveaux modes de lecture (oui, il est question de numérique aussi dans ses propos).
Salon du livre érotique d'Evian - épisode 12 : interview d'Ovidie (dimanche)
Après le point G, le rhabillage et frenchloverTV le samedi (voir l'épisode 11), Ovidie a été interviewée dimanche à propos des sextoys. Ovidie est en effet aussi l'auteur de Osez... les sextoys, éd. La Musardine.
Le changement capital pour les sextoys a été celui de leur apparence, un sextoy ne ressemble plus à un sextoy. Or, on peut s'interroger sur les formes puériles des sextoys actuels. Pourquoi avoir rejeté toute forme graphique de la sexualité ? Il n'y a plus de rappel des corps masculins et féminins.
Le love-store, cette boutique qui n'a plus l'apparence du sexshop glauque est une bonne chose. Une femme seule dans un sexshop était regardée de travers. A présent, dans ce type de boutique, ce n'est plus le cas. La vitrine se voit, il n'y a rien à cacher, on défend ainsi l'idée que c'est n'est pas mal. C'est un lieu où les femmes peuvent être conseillées, où les gens se confient.
Y a-t-il une pression de la société ? Ce n'est pas faux. Et Ovidie s'interroge sur les objets qui sont très très chers et qui à côté de cela ne procurent pas de plaisir. N'a-t-on pas perdu le rôle premier de l'objet ? Le sextoy ne serait-il alors pas là pour frimer devant les copines ?
Le sextoy est là pour s'apporter du plaisir à soi. Mais on pense à ce mauvais mélange que serait l'argent et la sexualité.
Ovidie évoque ensuite les bancs d'essai de FrenchLoverTV et cite une « fuck machine » assez pathétique. Ce n'est pas forcément le plus joli qui fonctionne le mieux. Pour ces sextoys en forme de galets (pensons au Nea de Lelo, note personnelle), Ovidie pense que les vibrations sont insuffisantes. (Je nuance pour ma part : ce sont des vibrations fines, certes, mais ces vibrations si douces peuvent mener à l'orgasme, il n'est pas toujours nécessaire d'avoir une puissance de vibration importante et même des vibrations importantes risquent de produire trop vite leur effet, orgasme immédiat. Le meilleur ne serait-il pas parfois de laisser monter doucement l'orgasme ? Fin de la parenthèse personnelle).
Ovidie continue d'évoquer les sextoys qui lui semblent peu recommandables en citant une matière incriminée, la jelly, avec cette « forte odeur de pétrole », car ce sont alors des sextoys « bourés de phtalates ». (Un exemple de test que j'ai pu réaliser)
Avant tout achat, il faut toujours se poser la question : est-ce que j'arriverai à bien le laver ? Certains produits pourraient irriter et « bonjour les mycoses » dit-elle.
Vient ensuite la question d'une « rivalité » avec l'homme. Certains hommes ont mal pris la présence des sextoys, pensant « cela veut dire que je ne lui suffis pas ».
En parallèle, les sextoys pour hommes se développent. « Plus de poupées gonflables avec des cheveux en laine » dit Ovidie. A Las Vegas, ainsi, elle a pu voir un masturbateur qui fonctionne avec l'image, au même rythme qu'une vidéo. Ovidie a mis ainsi ses doigts à l'intérieur et a pu ainsi l'essayer, a trouvé cela convaincant.
Pour terminer l'interview, Ovidie évoque les sextoys qui s'utilisent à deux, comme les anneaux vibrants que l'on trouve à présent même au supermarché.
Salon du livre érotique d'Evian - épisode 11 : interview d'Ovidie (samedi)
Ovidie aborde trois thèmes principaux, samedi après-midi, lors de son interview : le point G, le rhabillage et la chaîne de télévision FrenchLover TV.
le point G
La remise en cause du point G, selon Ovidie, auteur de Osez... découvrir le point G primé lors de ce salon du livre érotique, est absurde car c'est une zone que l'on voit si l'on place un spéculum, c'est une réalité anatomique. Il faut bien distinguer les zones, « il existe bien différents orgasmes », dit-elle. L'orgasme dû au point G est ainsi quelque chose qui peut être long, plus qu'un orgasme clitoridien. Il s'agit d'une « sensation étrange qu'il faut savoir apprivoiser et érotiser pour en tirer du plaisir ». Ovidie évoque ainsi le fait que la stimulation du point sans excitation peut être douloureuse. Elle nous montre de ses doigts la position recourbée qu'il convient de prendre pour stimuler cette zone et explique, mais sur ce point, j'avoue mon désaccord, que la position de l'amazone, avec la femme penchée en arrière, stimule cette zone.
Le rhabillage
C'est ensuite à propos du « rhabillage » des actrices porno que s'exprime Ovidie. Vous l'avez peut-être vu hier soir sur envoyé spécial, Ovidie consacrait un reportage à ce sujet (J'en ai dit deux mots hier sur le webzine si vous avez suivi). Le « rhabillage » est ce moment où l'actrice X cesse de travailler dans ce secteur, dans lequel elle vivait, qui la protégeait. Or, la pornographie marque socialement à vie, a des répercussions sur la vie professionnelle mais aussi privée. Ces actrices ne font pas de mea culpa, il n'y a pas de repentence, elles n'ont rien fait de mal, répète Ovidie, mais si médiatiquement elles étaient accepté il y a une dizaine d'années, invitées à la télévision notamment, elles en bavent actuellement et trouvent cela injuste. Le fait de ne pas avoir de vie amoureuse dix ans après ne se comprend pas. La solution que certaines trouvent : partir à l'étranger.
Ovidie parle ensuite de sa propre expérience : entrée dans le milieu il y a treize ans, actrice il y a douze ans, son activité d'actrice est finalement anecdotique par rapport aux activités qu'elle a eu dès le départ à côté.
(Je n'ai pas vu le reportage pour Envoyé spécial, mais vous pouvez lire un article à ce sujet sur le blog d'Agnès Giard)
French Lover TV
Enfin, Ovidie évoque la chaîne French lover TV sur canalsat, une « chaîne d'éducation sexuelle pour adultes » où sont présentés des tests de sextoys mais aussi des films pornographiques, souvent des productions françaises, ces films étant choisis avec des critères que sont le port du préservatif, le respect de la femme.
La place du sexe dans la société et dans les médias est aussi abordée. Une bonne chose que l'on parle de sexualité, mais comment en parle-t-on ? Pas toujours bien, souvent de manière racoleuse, sans réellement expliquer, et cette notion d'expliquer correctement les choses est un leitmotiv dans la bouche d'Ovidie, et ce qu'elle souhaite faire passer à travers sa chaîne de télévision.
Salon du livre érotique d'Evian - épisode 10 : remise des prix
J'ai encore plusieurs points à évoquer, les interviews sur scène d'Ovidie, les questions que j'ai posées à Marc Dannam,... mais j'avais envie ce soir d'évoquer les prix littéraires décernés dimanche après-midi (sans compter que je viens d'égarer mes notes... je me demande si un zouzou ne les aurait pas transformé en avion à papier ou dessiné dessus... Je rechercherai tout ça demain !). Le salon du livre érotique, premier du nom, a donc décerné trois prix : pour un guide sexo et étaient en compétition Jane Hunt, Agnès Giard et Ovidie, pour l'ensemble de l'oeuvre érotique (Esparbec, Eric Mouzat ou Françoise Rey) et le premier roman érotique.
Comment la sélection s'est-elle opérée, ai-je demandé un peu plus tard à David, l'organisateur du salon. La présélection ("mais tu n'es pas obligé de le dire, ce n'est pas très modeste", m'a-t-il dit, et donc chut ! je ne le dirai pas ailleurs que sur ce blog) a été de son fait. Il a lu, il a choisi. Mais ensuite, c'est un jury de cinq personnes qui a voté.
Alors, qui a gagné ? Roulements de tambour (et faites comme si vous n'aviez pas encore lu les résultats) : pour le guide sexo, Ovidie qui a rédigé un Osez... découvrir le point G et un Osez... les sextoys. Une petite déception pour moi qui adore les écrits d'Agnès Giard. Mais, il est vrai, je n'ai encore jamais lu les guides d'Ovidie. Pour le premier roman érotique, Emma Cavalier avec Le Manoir, ce qui est amplement mérité. Et pour l'ensemble de l'oeuvre, Françoise Rey, et je ne peux qu'applaudir à nouveau à ce choix. C'est Franck Spengler, du fait de l'absence de Françoise Rey, qui est monté sur scène afin de réprésenter l'auteur. Françoise Rey a en effet publié de nombreux romans aux éditions Blanche.
Une photo pour immortaliser l'événement :
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Salon du livre érotique d'Evian - épisode 09 : hors salon, le dimanche matin
Le petit déjeuner de l'Hôtel de France se prenait, par chance, au troisième étage où nous logions. Arrivés dans la caféteria, j'ai reconnu le photographe Jacques Bonnot mais ai mis un temps à reconnaître Anne Bert pourtant à la table voisine. Je ne suis pas physionomiste et reconnaître un visage un jour sans lunettes le lendemain avec me pose des difficultés. J'ai donc murmuré à monsieur « tu es sûr que c'est elle ? ».
Anne Bert au salon du livre érotique
Il me le confirme. Nous avons alors échangé quelques mots. La veille, sur le salon, elle a été la première personne à qui j'ai parlé, je n'avais pas lu son livre Perle, toujours pas reçu ce jour, et je n'étais pas suffisamment détendue dès le départ pour pouvoir discuter. Donc au petit-déjeuner, il a été question de la lecture de l'extrait de L'Eau à la bouche réalisée la veille par Franck Spengler, du fait qu'elle avait discuté avec Clément de Cls et Cls qu'elle avait trouvé sympathique, etc.
Je ne vous parle pas de ma timidité face à Agnès Giard à qui je n'ai pas pu dire un mot ce matin-là ; ce n'est d'ailleurs qu'en quittant le salon que j'ai réussi enfin à l'approcher.
Nous avions décidé, monsieur et moi, de marcher un peu le long du lac Léman. C'était la première fois que je le voyais. Les paysages ressemblent bien sûr beaucoup à ceux du lac d'Annecy que je connais mieux. Il faisait frais à l'ombre. Nous nous sommes assis en fin de promenade sur un banc, à côté de Robert Ayats venu sur le salon pour présenter ses livres Tous obsédés et Les monstres s'envoient en l'air. Il a été question d'identité, de pseudonyme, de commandes de l'édition, de son écriture qui ne se fixait pas dans l'érotisme, loin de là puisque Robert Ayats écrit des livres pour enfants, au sein de plusieurs maisons d'édition. Déjà présent précédemment au salon du tatouage organisé à Evian, c'est la première fois que Robert Ayats se rendait sur un salon « érotique ».
Or, il y a salon érotique et salon érotique... Celui d'Evian est particulier, il n'en existe aucun semblable en France. Les salons érotiques Eropolis ou autres sont d'ambiance et d'enjeux totalement différents, la littérature érotique n'y aurait probablement aucune place contrairement à ce qui a été fait à Evian.
Nous avons parlé des à-côté, profession et activités exercées, du logement à Evian, mais aussi de l'écriture érotique, et c'est encore là que j'ai regretté de ne pas avoir un petit carton tout prêt avec l'url de la collection e-ros, etc. J'ai donc expliqué brièvement ce que je faisais. Nous avons parlé de nombres de signes, de contrats, de rémunération d'auteurs... Il n'est pas impossible qu'un jour dans ma messagerie je reçoive un texte signé de son nom...
Salon du livre érotique d'Evian - épisode 08 : le deuxième étage
J'intercale quelques mots sur les exposants du deuxième étage... J'évoquerai donc l'interview d'Ovidie (voire les deux interviews, puisqu'elle est intervenue le samedi et le dimanche) un peu plus tard.
Au deuxième étage se trouvaient deux stands : un de rosebuds (bijoux anaux) et un pour représenter Marquis France, la revue fétichiste, mais aussi Le Bal des Supplices, cette grande manifestation qui a lieu chaque année en septembre à Lyon depuis 2005.
Le numéro 53 de Marquis France va sortir fin novembre et depuis le numéro 51, une colonne, une ou deux pages sont réservées aux artistes français. C'est Marilyne, qui traduit la revue, qui rédige cette page. Je me suis retrouvée face à une jeune femme très sympathique, très modeste aussi, qui dit « on est tout petit, tout petit », alors même qu'elle conçoit une des soirées les plus renommées en France. Au nom de mon blog, elle s'est exclamée qu'elle se souvenait que j'avais écrit quelques lignes au sujet de Marquis France, alors que c'était peut-être il y a un an de cela, j'ai été très surprise qu'elle s'en souvienne d'une part et qu'elle ait trouvé ça chouette alors que ce n'était vraiment pas grand chose. Nous avons évoqué le fait que nous n'étions, malgré l'envie que nous avons de nous y rendre un jour, jamais allés au Bal des Supplices. La faute au mois de septembre où nous n'avons jamais de baby-sitter (même pas fin novembre cette année, la pire de toutes en matière de recrutement d'une personne compétente, disponible et surtout qui ne nous fasse pas faux bond à la dernière minute...) Et nous avons divergé vers le fait qu'il faudrait une garderie au bal des supplices, mais qu'elle voyait mal comment communiquer là-dessus sans alarmer les gens. Combien sommes-nous à ne pas pouvoir venir pour des questions de garde d'enfants ? Nous ne sommes en tout cas pas les seuls...
Il y aura sans doute des arômes de café dans l'air si Marilyne se déplace à Grenoble ou si -mais cela arrivera-t-il un jour, je ne m'y rends jamais- je vais à Lyon. Il est question que nous nous occupions d'échanges de liens, que je réalise une interview sans doute aussi pour le webzine de neoplaisir. Le concept du Bal des Supplices m'intéresse beaucoup, la revue Marquis France aussi, bref, je suis sûre que cela pourra donner un article intéressant...
Sur ce même deuxième étage, deux expos :
Bob Giorgi présentait Corps au naturel, des photographies de femmes dans la nature. J'aime bien le concept, les jeux de miroir entre la pose et l'objet proche (qu'il 'agisse d'arbres, de pierres...) mais j'avoue que pour ce côté naturel j'aurais préféré voir des corps à la plastique un peu différente, des femmes petites, aux petits seins, aux fesses larges... Le côté artificiel de ces femmes, des modèles en somme, donc si peu en conformité avec les femmes telles qu'elles le sont vraiment, ne me semble pas si bien cadrer avec son projet.
Son site : http://bobgiorgi.com/
Des corps naturels : http://bobgiorgi.com/fr/galeries/art/naturel/descorpsnaturels.html
Enfin, un peintre, David Ducarteron, montrait ses toiles. Il réalise des portraits et des nus féminins, certaines sur commande d'après photographies (et l'on peut ainsi obtenir une petite toile à partir de 50 euros). Sa « galerie des muses » est localisée en Haute-Marne.
Quelques peintures que j'ai trouvées belles (et pour en voir d'autres, il suffit de cliquer sur les liens) :
Son site : http://www.david-ducarteron.com
Un de ses blogs : http://www.david-ducarteron.blogspirit.com
Salon du livre érotique d'Evian - épisode 07 : Franck Spengler, lecture et vision de la littérature érotique
Dans le courant de l'après-midi, c'est Franck Spengler qui est monté à son tour sur scène pour une lecture d'extraits de deux œuvres publiées aux éditions Blanche : L'eau à la bouche d'Anne Bert (recueil de nouvelles qui est depuis sorti en poche) et Chaud et vivant d'Andrea Luccella, roman publié en tout début d'année.
Je vous avoue que j'ai presque failli m'endormir pendant la lecture. Une voix monocorde qui rendait ces lectures tristes. Bref, un peu déçue par la prestation.
La suite était par contre plus intéressante, puisque Franck Spengler a évoqué les éditions Blanche et l'évolution de la littérature érotique depuis trente ans. A la fin des années 80, les femmes ont pris selon F. Spengler ce genre littéraire à leur compte, se sont imposées en nous donnant à lire leurs fantasmes, ont amené cette littérature dans la réalité du désir sexuel, cette écriture du désir qui comme l'exprime Jean-Jacques Pauvert est « démonstration sexuelle du ressenti amoureux ». Avec Françoise Rey (qui devait être présente mais qui n'a malheureusement pas pu venir, mais par contre, sachez-le, les 2 et 3 juin prochain, elle sera marraine du salon et animera un atelier d'écriture), il s'agit d'un « autre sexuel », « ramené dans la réalité » : cette expression est en effet répétée par F. Spengler. Il s'agit de raconter ce qui fonde l'intensité du rapport sexuel.
Franck Spengler évoque ensuite la place difficile de la littérature érotique, du regard condescendant que l'on doit affronter. Cette littérature érotique est pourtant, dit-il « la seule littérature qui provoque encore une émotion », qui « [l]e plonge dans un univers qui [l]'interpelle, [l]'interroge. »
L'épisode 8 sera consacré à Ovidie !
Salon du livre érotique d'Evian - épisode 05 : hors salon
Nous n'étions pas les seuls Grenoblois sur le salon. Nous avons croisé Clément de Cls et Cls dont j'ai parlé un peu plus tôt dans mon récit mais nous devions aussi rejoindre ou être rejoints par d'autres personnes et assister à l'effeuillage de monsieur.
Sur scène, au salon, Lily Chantilly et son effeuillage burlesque, dans une petite salle pendant le salon, des demoiselles venues prendre une leçon d'effeuillage toujours avec Lily Chantilly, mais une leçon interdite aux hommes... C'est donc dans une chambre d'hôtel que s'est déroulé le show.
Mais revenons un peu en arrière. Nous croisons ces personnes sur le salon, juste au moment où je parlais avec Gala Fur. J'étais en manque de café, je n'en avais pas bu depuis le matin, je n'avais même pas pris un café après le déjeuner et le café m'est quasi-vital. Solution : le bar qui se trouvait dans le salon. Or, si l'on pouvait trouver de l'eau d'Evian ou une coupe de champagne, impossible d'avoir du café. Il fallait sortir. Et donc, malheureusement, manquer suite aux cafés avalés les uns derrière les autres l'intervention d'Agnès Giard. Oui, je suis folle, j'adore ce qu'écrit Agnès Giard, c'est quelqu'un que j'admire, et je vais boire du café. Mais je ne pouvais plus tenir sans caféine.
Le soir, nous avions réservé un restaurant et donc là aussi nous nous sommes absentés du salon. Nous l'avons même quitté un peu avant vingt heures, après le show de Lili Chantilly qui a attiré beaucoup de monde dans la salle. Avant le dîner, l'effeuillage de mon monsieur, dans une chambre plus grande que la chambrette que nous avions réservée de notre côté à l'Hôtel de France (petite chambre mais peu chère, tout près du salon et avec les participants du salon que l'on croisait au petit-déjeuner, donc je ne regrette absolument pas ce choix et nous nous tournerons certainement à nouveau vers cet hôtel en juin prochain). Je n'avais jamais vu monsieur faire un strip-tease, il avait jusque là trop honte, mais pourtant, ah là là, il n'a pas de quoi avoir honte, c'était tellement bien, jusqu'au regard appuyé, au clin d'oeil au bon moment, ses jeux de déshabillage avec les couches successives, jusqu'au string qui montrait ses fesses rebondies dans lesquelles j'ai croqué la nuit tellement elles sont appétissantes. Je m'égare ? Oui, peut-être un peu...
Ensuite le dîner où le service a été tellement long que j'ai bu un peu trop de Roussette en attendant mon plat. La faim, la fatigue, le stress et l'alcool. J'ai donc raconté quelques bêtises à table au fil du vin. Personne ne trouvait Ovidie belle. Tous la trouvaient froide. Mais non, ai-je dit, ce n'est qu'une apparence, et moi, je ne parais pas froide ? Ben si ! Et puis je trouve qu'elle a de la classe, Ovidie. J'ai même dit qu'elle était ma soeur et je devais vraiment déjà être un peu saoule. Je ne sais plus de quoi nous avons parlé, en-dehors du point G et de l'utilité des doigts, d'orgasmes, d'éjaculation rapide, de produit anesthésiant pour verge que nous avions essayé un jour et j'avais eu alors la mauvaise idée de faire une fellation (mais je vous l'avais déjà raconté sur mon blog, ce test étrange...). J'ai cru que je n'arriverais pas jusqu'à la chambre d'hôtel. Heureusement monsieur me soutenait. Gros mal de tête le lendemain matin... et j'ai eu peur un moment de ne pas pouvoir retourner sur le salon. J'ai heureusement été dépannée en doliprane à midi, ce qui m'a permis de me sentir nettement mieux l'après-midi.
Avec tout ça, je n'ai pas encore évoqué les conférences, je vous fais languir...
Amulette dans un musée
Où croyez-vous que nous avons pu voir cet objet, lors de notre séjour à Paris ? Au musée de l'érotisme ?
La réponse : au musée du Quai Branly. Mais il faut tout bien observer pour le trouver dans la multitude des objets exposés.
(Photographie prise avec un téléphone portable, de mauvaise qualité de ce fait.)
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