Des désirs et des hommes, Françoise Simpère
Il est encore quelques livres que Dr Xu m'avait donnés que je n'ai pas eu le temps de lire, surchargée souvent par les livres que je reçois au moment de leur publication. Comme l'été est une période calme de ce point de vue, j'en profite pour lire ces livres en attente. Cela me permet de lire ce que je n'aurais pas lu sans cela, des livres plus anciens, en format de poche, des livres que beaucoup ont lu avant moi et que je suis heureuse de découvrir à mon tour. Deux volumes lus sur la plage, la semaine dernière : un de Françoise Rey que j'aborderai un peu plus tard et Des désirs et des hommes de Françoise Simpère que je souhaite évoquer à présent.
Des désirs et des hommes. Ce titre m'évoque tout d'abord le livre de John Steinbeck. Mais si « les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas. », il n'en est pas de même pour les désirs des personnages de ce recueil de nouvelles.
Ces nouvelles sont souvent assez courtes, ne comprennent parfois que six ou huit pages voire trois pour la plus courte. Il s'agit donc de successions de petites histoires, morceaux de vie : un homme, une femme, l'éternel recommencement, quel que ce soit le lieu, quelles que soient les circonstances. Ou même une femme seule qui regarde des extraits d'un film pornographique, une femme seule qui pense à un homme, lui écrit, le fantasme...
Extrait de Ce serait comme un jeu, p. 135, où la narratrice s'imagine avec un docteur en sexologie dont elle a entendu une conférence :
C'est ce qu'il me disait l'autre jour : « Les femmes veulent mettre de l'amour, du pouvoir ou de l'argent dans le sexe, si bien qu'elles oublient d'y mettre du plaisir. » Il accélérera son rythme comme un forcené en psalmodiant doucement (à cause du patient dans la salle d'attente) : « Tiens prends, prends encore, tu aimes ma bite, hein, cochonne, tu aimes te faire mettre. » Et moi, j'acquiescerai de la tête, mon ventre tremblera, sous mon dos la table vibrera, je sentirai que ça vient, ça vient... et au moment de l'orgasme – réussi, l'orgasme, nous aurons tout fait pour ça – il aura le réflexe de mettre la main sur ma bouche pour m'empêcher de crier, tandis que je mettrai ma main sur la sienne pour étouffer son râle. Ce geste parfaitement synchrone sera le plus beau moment du jeu. Tout de suite après, il regardera sa montre : « Douze minutes, nous sommes dans les temps. » Je rajusterai ma jupe, me recoifferai : « Fast fucking, but not so bad... » Dans nos yeux de galopins pétilleront des étincelles de malice...
Les scènes fantasmées tiennent une part importante du recueil, ce qui n'empêche pas certains personnages d'agir...
Extrait de La Fontaine de Trévi, p. 55 :
« Caresse-toi. »
Il fait non de la tête, stupéfait, essaya encore de l'attirer à lui. Elle s'écarta vivement, parla plus durement.
« Branle-toi et regarde-moi. Je vais te montrer mes seins, juste mes seins, et je les caresserai devant toi, mais toi, interdiction de me toucher.. Ce que je veux, c'est te voir, voir ta main s'agiter, regarder comment tu secoues ton sexe. »
Elle ouvrit devant lui son chemisier très lentement, bouton après bouton, en le fixant droit dans les yeux tandis qu'il commençait à faire aller et venir sa main le long de sa verge.
Des petits textes à picorer, ce fut une lecture agréable...
Des désirs et des hommes, Françoise Simpère, éd. Pocket, 156 p., 4,60 €
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A noter : l'existence d'un recueil de F. Simpère intitulé Autres désirs, autres hommes.
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Commentaires
J'ai beaucoup lu Simpère,
Au début j'aimais bien, mais malgré cela, je ne ressentais pas de transport véritable. Et de livre en livre, il m'a semblé qu'il n'y avait rien de nouveau et que ça tourne un peu en rond. L'écriture est certes bien maîtrisée, mais il manque un petit quelque chose pour que la mayonnaise prenne. Je ne saurais expliquer quoi...
Bien évidemment, cela n'est que mon modeste avis et n'engage que moi.
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