Histoire de la sexualité I - La volonté de savoir de Michel Foucault
Comme vous le savez peut-être, un de mes devoirs d'initiation à la sociologie, vu que je suis actuellement étudiante en psycho, porte sur une lecture. En l'occurrence, j'ai acquis les trois tomes de Histoire de la sexualité de Michel Foucault, qui existent en poche, dans la collection Tel chez Gallimard. J'ai fini la lecture du premier tome intitulé La volonté de savoir et viens de rédiger un résumé du livre. Comme on peut trouver un lien entre ce livre, avec le thème de la sexualité, et ce blog, voici ce résumé (la fiche de lecture elle-même devant se constituer d'autres choses que ce seul résumé) :
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L'homme contemporain croit se libérer du joug du pouvoir qui a réprimé depuis des siècles la sexualité. Cette répression débuterait au XVIIe siècle, correspondrait à la fois à l'émergence du capitalisme qui repousserait toute futilité au profit du travail et au voile posé par le christianisme renonçant à la chair. Elle se renforcerait jusqu'à trouver une issue libertaire approximativement à partir de Freud : l'homme pourrait enfin évoquer la sexualité, et en parler serait alors lutter ouvertement contre un pouvoir tout puissant qui exigerait le silence à ce sujet.
Or, il n'en est rien. L'homme se fourvoit et entre en réalité, en croyant à cette libéralisation, dans le dispositif créé par le pouvoir lui-même. Des premières au dernières pages, Michel Foucault répète inlassablement dans cette analyse historique que le discours sur la sexualité n'a pas été entravé mais encouragé, au point de devenir crucial, au point d'envahir les confessionaux et les familles. Le discours sur la sexualité est devenu discours par excellence, celui qui nous donne identité, qui découvr le secret ultime de notre être.
Cette survalorisation de la sexualité a été dès le XVIIe le fait même du christianisme qui exige une confession des moindres frissons, des moindres plaisirs, mais aussi de l'organisation sociale, à travers la théorisation pédagogique de la sexualité enfantine, l'hystérisation du corps féminin, la classification des perversions et leur psychiatrisation, le renforcement du système d'alliance et de l'organisation familiale. La santé, les médecins prennent le relai, encouragent le discours.
Le pouvoir sollicite le dit sur le plaisir qui lui-même crée le pouvoir sur le dit tandis que la parole elle-même devient plaisir. Pouvoir et plaisir sont complémentaires et se consolident l'un l'autre.
Mais revenons à la médicalisation du discours sur la sexualité : on est passé d'une ars erotica à une scientia sexualis. La sexualité devient enjeu de science. Par le voisinage de la biologie, le sexe acquiert une aura scientifique tandis que la sexualité est enjeu de vérité. La science sollicite l'aveu, recherche des causalités. La sexualité est cause première des dégénerescences pathologiques. Que l'on pense notamment à toutes les maladies qui sont inférées à la masturbation au XIXe siècle ...
Pourquoi alors cette idée d'un pouvoir massif, judiciaire réprimant la sexualité ? Parce que le pouvoir se montre sous cette forme simpliste, que cette image le sert, alors qu'il est protéiforme, le fait de rapports de force multiples. Le pouvoir est "le nom qu'on prête à une situation stratégique complexe dans une société donnée."
La bourgeoisie s'est accaparée préalablement de cette science de la sexualité qui donne le pouvoir (alors que la parole sur la sexualité est le fait même du pouvoir comme nous l'avons vu précédemment). C'est par la sexualité que nous savons qui nous sommes. Au sang des nobles se substitue la sexualité bourgeoise. Le sexe a une valeur, celui de la bonne santé, de la survie. En cela, le pouvoir n'est plus un droit de mort comme l'exerçait lors des siècles précédents la monarchie mais une gestion de la vie.
Le sexe est stratégie de pouvoir liée au savoir.
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