Le tramway
Il était proche de moi, mais lointain aussi. Tant de corps nous séparaient. Le tramway était bondé, je levais le menton pour dégager mon visage et mieux respirer. Sensation d'étouffement, perles de sueur. Qu'il faisait chaud !
Un homme ruminait son chewing-gum face à moi. Je distinguais une femme enceinte et quelques personnes âgées pour lesquelles un peu de savoir-vivre avait libéré quelques places assises. Nous autres, accrochés à des barres ou à des poignées, debouts, pressés les uns contre les autres, nous nous mouvions au rythme saccadé de la conduite.
Centre-ville, piétons qui traversent de manière inconsidérée, véhicules qui doublent en empiétant sur les lignes de tram, frein, accélération subite, mes pieds quittaient terre. J'en vins à regretter de ne pas porter de solides baskets qui s'ancreraient au sol plutôt que des sandalettes peu adaptées à un rodéo de tout instant.
Je fis l'effort de regarder derrière moi, je le vis moins loin que je ne le pensais. Mieux, je le vis tenter de se rapprocher. Bientôt il m'aura rejointe. Dans cette attente, je somnole, bringuebalée, abandonnée au rythme anarchique que me communiquaient mes jambes.
C'est alors que je
sentis son souffle. Sa manœuvre de rapprochement avait donc réussi. Il
se pressait contre mon bassin.
- Enfin là, lui dis-je.
Il ne
répondit pas mais s'appuya un peu plus, posa une main nonchalante sur
mon ventre, m'enserra ainsi. Je n'ouvris pas les yeux. C'était si bon
d'avoir une telle colonne pour m'appuyer, d'autant que je le sentais
réceptif à cette proximité. D'une contrainte, créer un moment de
plaisir, c'était grisant.
Imprévue, sa main
glissa plus bas encore tandis que je sentais sa verge durcir contre mes
fesses. Ma jupe était courte, la main toucha une cuisse, s'y attarda en
une lente caresse. Millimètre par millimètre, il me gagnait. J'en
demandai plus.
- Continue, murmuré-je.
En écho, sa verge frappa la
raie de mes fesses, descendit à la recherche d'un point d'ancrage. Tout
bougeait, nous bougions ensemble.
Sa main mit un profit un freinage abrupte pour atteindre mon slip. L'index et le pouce passèrent sous l'échancrure, se saisirent de quelques poils, les entortillèrent, tirant légèrement dessus. A quoi jouait-il ?
Le manège s'arrêta subitement lorsque ce même index changea de technique et se mit à progresser. Mes lèvres le salivèrent alors qu'il s'enfonçait dans mon con. Son pouce décapsulait mon clitoris, le branlait de haut en bas, de gauche à droite avant de tourner autour, de le frôler, de l'électriser.
J'étais tournée contre une barre médiane. Notre manège était-il repérable par autrui ? Une vague de chaleur secoua mon ventre, je plantai mes dents dans ma main droite tandis qu'un spasme me secoua.
La main s'était arrêtée, le contact de son corps était moins pressant, il s'éloigna. Je respirais fort. Il faisait si chaud. J'ouvris les yeux. Prochain arrêt annoncé, je vais descendre.
Il atteignit la
terre ferme juste après moi.
- Quel enfer, dit-il. J'ai tenté
d'avancer pour être près de toi mais n'ai pas réussi à bouger de ma
place. On ne m'y reprendra plus à prendre le tram à cette heure-ci en
pleine canicule !
Subitement, le rouge monta sur mes joues.
- Je
vois que tu as eu chaud, toi aussi.
En effet, et davantage qu'il ne
le croit.
== Publicité ==

