Au fil des saisons
Hier, nous étions à un mariage. Le pasteur a pendant la cérémonie filé une métaphore des saisons. A chaque saison ses découvertes et aussi, quand le printemps est passé, ses dangers. L'été serait notre saison, celle des enfants encore jeunes, celle du couple qui se connait depuis quelques années, le couple dont chaque membre est pris par des occupations qui risquent de mettre en péril le couple-même parce que le temps passé ensemble s'amenuise.
Avant-hier soir, j'étais à bout, encore. Trop de fatigue. Mais pourquoi aller à ce mariage au lieu de rester enfin tranquillement ici, que je puisse me reposer ? J'étais triste, j'en voulais à mon mari de vouloir à tout prix que je l'accompagne à ce mariage, de devoir partir tôt, rentrer tard et gérer les enfants à l'extérieur toute la journée. Monsieur m'a enfin donné la raison, nous en avons parlé pendant la nuit : il pensait qu'il n'aurait peut-être plus guère l'occasion de voir sa grand-mère après cette fête. Pourquoi au lieu de se taire, de s'entêter à me dire qu'il fallait y aller, sans raison particulière, à tel point que je pensais qu'il se préoccupait davantage de présenter bien, de se montrer au milieu de tous ces gens, que de ce surcroît de fatigue que n'aurait pas manqué d'être toute cette journée, à porter la petite, surveiller les deux garçons et surtout éviter qu'il ne fasse trop de bêtises. Pourquoi ne pas avoir parlé plus tôt ? Pourquoi se tait-il au lieu de me dire ce qu'il pense vraiment ?
A cette cérémonie, des couples représentant chaque saison de la vie ont témoigné. Je n'ai pu écouter qu'un seul témoignage, occupée à courir derrière l'un ou l'autre. C'était le témoignage de l'automne. Un homme et une femme, ayant une quinzaine d'années ou une petite vingtaine de vie commune se sont exprimés. Ce que je retiens de ce qu'ils ont dit : leurs conseils aux jeunes mariés. Du moins, leur principal : parlez. Pas seulement du beau temps ou de la bourse, mais parlez de vous, de vos rêves, de vos projets, de vos envies, de ce que vous aimez ou pas, parlez. C'est en effet le conseil le plus judicieux que l'on puisse donner. Le dernier conseil, enfin : taisez-vous aussi parfois, pour écouter l'autre parler...
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Pas de temps mort
Comment est-ce possible, je n'ai rien écrit de la journée ? C'est possible parce que je n'en ai pas eu le temps, que le temps me fuit.
Je pensais faire tant de choses aujourd'hui parce que mon fils aîné était en centre aéré pour la journée, que j'étais seule pendant la sieste des deux plus jeunes. Qu'ai-je fait pendant cette sieste ? la vaisselle (oui, cette chose que l'on fait quand on est archaïque comme nous le sommes, quand on n'a pas de lave-vaisselle), le repassage. Ensuite, lever des enfants, surveillance surtout sur le balcon où leur jeu principal est de répandre de la terre partout, nettoyage de la terre de la veille bien sûr, et puis la lassitude et la fatigue.
Je deviens insomniaque depuis plusieurs mois, par périodes. Cela ne m'était jamais arrivé auparvant, j'ai toujours bien et beaucoup dormi. Lorsque je ne dors pas la nuit, et lorsque, enfin, je peux dormir, et que ma fille se réveille et pleure comme la nuit dernière, mes nuits sont peau de chagrin. J'oublie de manger aussi parfois. Cela m'est arrivé ce midi. Je donne à manger aux enfants et ensuite j'oublie que je n'ai pas mangé grand chose. Mais je suis lasse alors puisque les déjeuners se font pour moi à moitié debout, à couper telle chose, servir, ramasser ce qui tombe. Lorsque le déjeuner ou tout autre repas se termine, la cuisine où nous mangeons ressemble à un champ de bataille. Je balaie donc. Voilà où passe le temps.
Quand quelque chose de désagréable m'arrive ou va m'arriver, je somatise. L'insomnie est l'un des symptômes. J'ai aussi mal au ventre, une brûlure à l'estomac, parfois des douleurs intercostales le matin au réveil. Hier soir, cette douleur au ventre. Et puis, parce que c'est la mauvaise période, des maux de tête. Demain, journée merveilleuse, nous partons à huit heures, rentrons le soir, pour nous rendre à un mariage d'une vague cousine de monsieur que j'ai vue trois fois, qui n'est pas venue à notre mariage -absence que nous n'avons appris que la veille du jour j d'ailleurs. Demain, c'est l'anniversaire de mon fils cadet. Il aura trois ans. Alors non, nous ne fêtons pas cet anniversaire chez nous, nous allons à ce mariage où je n'ai pas envie d'aller, parce que monsieur a décidé qu'il fallait y aller, et j'ai envie, moi, d'envoyer balader les convenances et de rester ici, j'ai envie de me reposer, de prendre le temps de m'épiler parce que je ne l'ai pas fait depuis tellement longtemps que je ressemble à peu de choses près à un ours, de prendre le temps de lire un peu parce que cela me délasse, que j'aime ça et que j'ai aussi envie parfois de faire des choses que j'aime au lieu de courir derrière les enfants. Demain, je vais donc péniblement courir derrière mon petit monde, ne profiter de rien, pas même des petits fours du vin d'honneur, pas même de cette fête qui pour moi n'en est pas une.
Je suis de mauvaise humeur, je l'avoue. Pas de billet léger aujourd'hui. Juste ce pavé pour l'expression d'un mal-être. Au lieu d'écrire, j'aurais mieux fait d'aller me coucher, j'ai besoin de sommeil.
Toriid, jeu pour couple
Toriid est un jeu qui me fait envie depuis longtemps : remarqué sur un sujet consacré aux jeux pour couple dans le magazine en ligne Femmes plus il y a plusieurs mois, j'ai suivi avec intérêt les avis déposés au club des sens. Il m'est à présent possible de déposer le mien. Le voici :
Tout d'abord, la boîte : plus petite que je ne le pensais (17x17cm), surtout que le dernier jeu que nous avons acheté devait être le monumental Temple de l'amour, la boîte est finalement d'un format pratique. Les concepteurs ont dû avoir pitié des pauvres collectionneurs de jeux coquins comme je le suis qui n'ont plus de place dans leur meuble.
Ce que j'apprécie sur la boîte : les illustrations. Ces deux visages que l'on ne voit qu'à moitié annoncent la soirée chic et glamour, la femme est si bien coiffée que j'en désespère de ma propre tête. Et puis, ce T initial dont les boucles se reflètent dans les boucles de ladite dame, je trouve cela bien trouvé, de même que les deux i, corps enlacés. Le premier abord est donc très positif : c'est extrêmement joli.
La boîte est recouverte d'un film plastique. Au dos, nous trouvons la règle du jeu que nous lisons brièvement. Il s'agit d'un jeu de plateau, il faut avancer les pions d'après les points marqués par le dé, effectuer les actions mentionnées sur les cases ou tirer une carte quand nous tombons sur les cases toriid. Rien de plus simple, nous ouvrons donc la boîte pour passer de suite à la pratique.
Et là, surprise : une notice nous indique que nous pouvons rigidifier le plateau, faire en sorte qu'il reste bien à plat grâce à un petit élément de plastique à insérer. De même, nous pouvons placer des pastilles autocollantes. C'est inhabituel dans les jeux jusqu'alors rencontrés et j'avoue que je suis sensible au fait que le confort de jeu ait été pensé de la sorte. Nous jouons toujours sur notre lit, un petit plateau comme celui du Love cube Roméo et Juliette est très difficile à maintenir en place. Or, là, avec un plateau de taille double (32x32cm pour les amateurs de précision).
Le plateau est tout aussi joli que la boîte. Le doré orangé domine sur un fond noir constellé de ce qui pourrait être des étoiles ou les traces d'un feu d'artifice avec des cases orange ou marron. Le parcours n'est pas uniforme, rectiligne, mais propose plusieurs carrefours. Ce parcours n'a pas la densité dans laquelle on se perd un peu du jeu le chemin du plaisir. Il est au contraire aéré, facile à suivre du regard.
Seulement, voilà, ce qui me saute aux yeux, ce sont les fautes d'orthographe. La lecture de la règle du jeu m'avait déjà fait sourciller, mais la faute d'accord sujet/verbe du plateau est inacceptable. Comment peut-on créer un aussi beau jeu et conserver autant d'erreurs orthographiques ? « le joueur (ou équipe) tombant sur cette case choisi (sic !) du (sic !) vêtement à oter (sic!) ». C'est la pire phrase que j'ai notée, mais vous comprendrez qu'une relecture avant impression aurait été la bienvenue.
Toriid se joue à deux (un homme et une femme) ou par équipe hommes/femmes. Chaque partenaire ou équipe a un pion : il s'agit d'une reproduction cartonnée de cette moitié de visage que l'on voit sur la boîte que l'on insère dans un socle plastifié. Le dé est d'un orange translucide. Quatre paquets de cartes sont rangés deux par deux : au dos de ces cartes, le couple enlacé que l'on trouve sur la boîte et le symbole désignant homme ou femme. Chaque sexe possède 88 cartes.
Le jeu Toriid peut se jouer rapidement... ou pas. Tout dépend des cases sur lesquelles nous tombons. Passer son tour, retourner à la case départ, prendre un embranchement à partir des cinq cases « dé » du plateau qui nous ramène vers un couloir déjà emprunté parce que le dé annonce un chiffre impair... tout cela prend du temps. Nous avons l'impression d'errer dans un labyrinthe et de ne jamais parvenir à l'arrivée. Mais l'arrivée est-elle souhaitable ? Ce jeu n'est pas fait de concurrence homme/femme. Chaque question formulée sur les cartes est l'occasion de se connaître mieux, chaque action à réaliser est l'occasion de caresses quand il ne s'agit pas de se dévêtir. Seulement, ces retours à la case départ ou à un stade antérieur cassent la progression des préliminaires, et nous avons trouvé cela dommage. J'ai ainsi au cours d'une partie caressé quatre fois les pieds de monsieur -heureusement pour lui, il adore ça ! Mais, n'ayant jamais réussi à dépasser un certain stade du jeu, je n'ai jamais pratiqué sur lui le moindre préliminaire plus ciblé. Je ne vais pas me plaindre, cependant, puisque monsieur est tombé sur les cases « caressez ses fesses », « procurez des sensations à votre partenaire avec un objet » (Je vous vois venir, vous pensez à un sextoy, mais non ! Il a utilisé une carte du jeu...). J'ai donc été plutôt bien servie :)
Au commencement, chaque joueur doit s'habiller légèrement : deux sous-vêtements ou un sous-vêtement et un tee-shirt pour monsieur. Nous avons fait pire, nous jouons le soir, monsieur porte un caleçon et moi une nuisette -sans petite culotte. De fait, la première case qui nous a fait ôter un vêtement (et elles se retrouvent assez régulièrement pour se retrouver sans rien sur soi rapidement) nous a mis à nu. Une fois nus, tomber sur « ôter un vêtement » nous fait reculer de trois cases...
Les paquets de questions pour homme ou pour femme posent souvent des questions en écho. Voici quelques exemples de questions que l'on peut rencontrer :
pour elle : « Si vous étiez un homme, que faites-vous à votre partenaire que vous aimeriez connaître également ? », « Citez un de vos tabous sexuels. »
pour lui : « Si vous deviez jouer à un jeu de rôle sexuel avec votre partenaire, quel déguisement aimeriez-vous qu'elle porte et pourquoi ? », « Donnez un pourcentage concernant la participation des dessous de votre partenaire dans votre désir ou votre excitation pour elle. »
Quand l'un des joueurs arrive au bout du parcours, le chiffre placé sur le dé lui indique le nombre de cases à parcourir + un chiffre restant qui notifie sa récompense : 5. mon partenaire me fait ce que je désire, 4. je lui fais (je corrige en passant la faute grammaticale) ce que je désire..., 3. nouvelle partie ! 2. à vous de voir !, 1. mon partenaire me fait ce qu'il désire..., 0. l'autre décide ce que je dois lui faire... Ces gages ne sont pas recherchés. A la limite, ils auraient pu ne pas exister.
Pour conclure en quelques mots : Toriid est un beau jeu pour couple, basé sur des questions personnelles et quelques caresses à faire à l'autre. Le côté esthétique prime sur l'originalité des actions à effectuer, mais les questions sont nombreuses et intéressantes. C'est un jeu agréable qui permet de passer un bon moment.
Texte écrit pour le webzine de neoplaisir et repris pour le club des sens.
Tendre bulle, l'univers de la photographie érotique
Comme promis, je crée une nouvelle catégorie destinée aux sites Internet. Je vais commencer par rapatrier sur ce blog des présentations de sites placés ailleurs. Commençons par Tendre Bulle dont j'ai parlé avant-hier sur le webzine de neoplaisir :
Certains d'entre vous connaissent peut-être le site Calicocharme. Mais peut-être savez-vous moins qu'un site lui a succédé depuis quelques mois : Tendre bulle.
Xerxès, auteur de ce blog, est un amateur éclairé de photographies érotiques. J'ai dit érotique. Vous ne trouverez pas sur Tendre bulle de pornographie, mais des clichés de grande beauté mettant en scène des femmes ou parfois des couples, classés par thèmes ou par créateur.
L'auteur de ce blog est prolixe : à chaque jour ses clichés, simples billets présentant une ou quelques belles photographies, article plus dense présentant un photographe et son œuvre avec renvoi vers le site officiel pour découvrir en totalité ce que Tendre bulle n'a fait qu'approcher par une sélection personnelle et la réalisation d'une galerie, ou thématique : les sportives, la lingerie, le baiser, la nature, etc.
Tendre bulle est un site à découvrir, un point de départ vers d'autres découvertes, une approche de la photographie érotique, un site pour émerveiller son regard jour après jour.
Concours photo de lingerie : ma participation
Le concours photo de lingerie est lancé, je peux vous présenter la photographie que nous avons réalisée :
Beaucoup de concurrentes pour ce concours... Si vous souhaitez voter pour moi (ou pour quelqu'un d'autre, même si je préfère la première éventualité), vous pouvez le faire ici.
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Casser la routine : la riposte de monsieur (plan A)
Monsieur réagit toujours à ce que j'écris. Il en a été de même par rapport à mon témoignage sur la routine au sein du couple. Je devais m'attendre à une surprise pour hier soir. Voici le récit de ma soirée d'hier, que j'appelle donc « la riposte de monsieur » :
Une fois les enfants couchés, j'ai commencé par devoir attendre sur le palier. Je m'étais douchée, j'étais en nuisette, j'ai essayé de parlementer : je ne peux pas me mettre dans le hall, dans la salle de bain ? Je ne verrai rien ainsi. Cela ne lui suffisait pas, il fallait que je n'entende rien non plus. Pas plus de cinq minutes, m'a-t-il promis. J'ai donc attendu devant la porte de notre appartement, espérant qu'aucun voisin ne passerait par là, que l'ascenseur ne s'arrêterait pas à notre étage car j'aurais eu l'air fine à tourner en rond devant la porte, dans l'obligation de bouger pour ne pas me retrouver dans le noir.
Monsieur est ensuite venu me chercher avec un post-it à la main. Dessus, une énigme indiquant un lieu. Je résous l'énigme, je me dirige vers le premier point de ce qui s'avère un jeu de piste, voire de chasse au trésor. Avec chaque post-it, je découvre une pièce de puzzle sur laquelle est inscrite des mots doux. A moi de reconstituer ce puzzle, pièce après pièce, lettre après lettre puisque j'ai découvert à la fin que chaque initiale de mot doux était une lettre de mon prénom. Cette chasse au trésor m'a menée de la cuisine à l'ordinateur, à une photo de notre mariage, à l'intérieur d'une bibliothèque, au miroir, à un masque décoratif accroché dans le séjour..., et puis en dernier lieu, à notre lit où j'ai trouvé la dernière pièce du puzzle, la pièce centrale avec cette injonction « Embrasse-moi, Stéphanie ». Que représentait le puzzle ? Un cœur...
Monsieur s'était donné beaucoup de mal pour créer ce petit jeu. Bien sûr il a fallu trouver cette idée de chasse au trésor, de puzzle à reconstituer, créer les énigmes, écrire les mots doux, mettre tout en place, mais il a fallu aussi découper les pièces du puzzle. Quand on sait que monsieur ne peut que très difficilement tenir des ciseaux, vous conviendrez avec moi qu'il a investi beaucoup de temps et d'énergie dans cette surprise et j'en ai été très émue.
Pourquoi "plan A" dans mon titre ? Il paraît qu'il y a un plan B. Quand monsieur commence, il ne fait pas les choses à moitié...
Récit de ma jeunesse : vous n'allez pas y couper.
Parleras-tu un jour de ta jeunesse ? est une question que quelqu'un (ne le dénonçons pas, je vais garder l'anonymat de cette personne. Tu as vu, Littletom, je sais me taire...) m'a posé récemment. Je pensais n'avoir rien à en dire. Voici le texte qui prouve le contraire.
Je suis née un dimanche, pendant les vacances scolaires, de nuit et, qui plus est, avec une semaine de retard sur le terme annoncé. Ces données temporelles semblaient me prédestiner à la paresse. Il n'en a rien été. Tout d'abord, je ne dormais pas beaucoup. Mes parents, désespérés, me faisaient prendre des bains de tilleul pour m'endormir. Mais je résistais. Et je pleurais toutes les nuits, jusqu'à l'âge de deux ans a-t-on coutume de me rappeler régulièrement. Ensuite, j'ai été tout sauf paresseuse, je travaillais bien à l'école, j'étais une petite fille modèle, première de ma classe jusqu'à la fin de ma scolarité.
J'étais l'aînée, surprotégée, couvée, à tel point que l'école à l'âge de trois ans a été une pilule difficile à avaler. Mes parents ont renoncé à m'y envoyer. De toute manière, c'était bête, l'école, on n'y faisait pas grand chose, j'ai le souvenir de devoir obligatoirement sous peine d'être disputée poser ma tête sur la table pour une pseudo-sieste. Je vous disais que je n'étais pas paresseuse. A trois ans, je ne dormais plus l'après-midi.
A deux ans, on me voit dans mon album photos, posant, tête blonde, visage pâle, yeux bleus. A cet âge, on disait que je ressemblais à une poupée. Ensuite, on ne l'a plus jamais dit. Il faut dire qu'une poupée n'a rien dans le crâne et qu'à trois ans, il ne fallait déjà pas m'en conter. Un bébé allait entrer dans la famille, les adultes minaudaient : ta maman va acheter un bébé sur le catalogue ? Je répondais : ben non, il est dans son ventre. Mais le bébé n'y est pas resté. Il est né. Crises de jalousie, je claquais les portes.
Cinq ans, on découvre que je ne vois pas très clair. Tu vois les petits bonhommes là-haut ? Niet, tout était flou. Ma tête de poupée en a été transformée. Mais bien voir, c'est extra. J'affrontais les escaliers de l'école maternelle pour accéder à la bibliothèque. J'étais devenue un petit rat bien avant de savoir lire. J'ai gardé ce statut de rat des années et des années durant. Encore souvent, j'aime grignoter les livres. Mes parents voulaient m'aérer et m'auraient bien transformée en ballerine, mais rat de bibliothèque je suis restée. Je n'ai jamais voulu prendre des cours de danse. En réalité, peut-être aurais-je aimé, mais les autres m'effrayaient. Les livres, c'est nettement plus tranquille. Avec eux, on se crée une bulle, le monde extérieur n'existe plus.
Et puis, qu'est-ce que c'est, le monde extérieur ? Les cours d'histoire m'intéressaient, une institutrice nous parlait de St-Louis et moi j'imaginais le pauvre arrivé à Tunis, s'effrondant comme une masse devant les portes de la ville. Je racontais des histoires parfois à défaut d'en lire. Je regardais Tom Sawyer. Auparavant, c'était Candy. Mon frère est né, c'était un bébé laid, violet parce qu'il avait manqué d'air à sa naissance. Je ne me rappelle cependant pas de lui, je n'ai que peu de souvenirs de cette période et de tout ce qui précède. Et un bébé, de toute façon, ce n'est pas intéressant. Je ne jouais pas à la grande soeur attentive.
C'était l'âge de raison. Et j'étais très raisonnable. Je voulais devenir institutrice parce que cette profession était pour moi le summum du savoir. J'enchaînais les lectures. Djinn la malice a eu ma préférence un temps. J'ai surtout beaucoup lu la comtesse de Ségur, parce qu'on trouvait ses oeuvres à la maison de la presse du village, et les oeuvres de personne d'autre.
Mais n'en avez-vous pas assez de lire ma vie ? Je vous avoue que j'en ai pour ma part assez de l'écrire. Je n'irai donc pas plus loin, sauf si un jour d'ennui je décide de vous faire bâiller à nouveau en vous racontant la suite.
Surprise ?
- Alors, t'es prête pour ce soir ? vient de me dire monsieur au téléphone.
Depuis hier, monsieur prépare en grand secret, c'est à dire pendant ses heures de travail (je peux le dire, son chef ne me lit pas, monsieur son chef est en vacances à l'étranger, et puis, même en temps normal, il ne me lit probablement pas) donc, prépare, puisque je ne voudrais pas que vous perdiez le fil de mon discours, quelque chose.
Quoi ? Je n'en sais rien. Je disais que monsieur ne prenait jamais aucune initiative, qu'il ne proposait jamais rien, etc. Alors monsieur s'est creusé la tête. Je lui ai bien dit qu'il suffisait de pas grand chose. Mais il tient à faire les choses en grand, une fois. Il a donc fini ses préparations. Ce soir, je vais devoir rester cinq minutes devant la porte d'entrée pendant qu'il installe sa surprise.
Vous avez une idée de ce que cela peut être ?
Le jeu du chat et de la souris de Setona Mizushiro
J'ai pris connaissance de l'existence de ce manga au club des sens. Je n'ai aucune inclination pour les mangas hentaï où des sexes démesurés deviennent tentacules. Je n'aime pas le fantastique (au sens large), je ne souhaite pas lire de bandes dessinées pornographiques ou violentes. Jusqu'à présent, le seul manga érotique (ecchi semblerait le terme adapté) que j'ai lu, c'est Step up love story, une gentille histoire d'amour parfois un peu niaise mais très agréable à lire.
Le jeu du chat et de la souris est également une histoire d'amour. Il s'agit également d'un manga érotique. Mais il ne s'agit pas d'une gentille et calme histoire. Les sentiments sont exacerbés, les personnages sont incertains ou virulents, la force des sentiments y est manifeste, s'exprime en paroles et en actes. Il ne s'agit pas d'une histoire d'amour entre un homme et une femme, mais entre deux hommes.
En cela, ce manga appartient au genre du "yaoi" qui, je cite wikipedia, est : un "sous-genre des mangas et animés le plus souvent pour filles dans lesquels l'intrigue est centrée autour d'une relation homosexuelle entre personnages masculins, et comportant des scènes sexuelles. Plus précisément, il s'agit de relations homosexuelles idéalisées, avec des personnages masculins efféminés. Les véritables mangas homosexuels étant beaucoup plus rares et bien plus virils."
Il est certain qu'il y a idéalisation : Imagasé aime Kyoïchi depuis dix ans, son amour s'exprime ainsi : "je t'aime à en mourir" (oui, comme chez Cabrel). Seulement, tout n'est pas rose, Kyoïchi est hétérosexuel, du moins le pense-t-il, mais ses convictions vont être bousculées. C'est un personnage qui se cherche, ce manga est une sorte de récit d'éducation. Plusieurs points me semblent intéressants : l'idéalisation a ses limites, Kyoïchi est lâche, Imagasé sait aimer un homme qui n'a rien de parfait, loin de là, et puis les rebondissements sont nombreux...
Le volume de 192 pages se compose de cinq chapitres. Il s'agit d'une histoire complète en un seul tome. Ce manga est réservé aux adultes. De même que Step up love story, aucune scène ne montre explicitement le sexe des personnages.
Voici la présentation de l'éditeur :
A cause de son caractère indécis, Kyoïchi s'est laissé prendre plusieurs fois au piège de l'adultère. Mais un jour, apparaît devant lui un homme que son épouse a engagé pour enquêter sur ses infidélités. Il s'agit d'Imagasé, un garçon qu'il a connu à la fac. Ce dernier accepte de garder le secret. Mais en échange, il lui réclame son corps. Entre les deux hommes, c'est le début d'une histoire d'amour qui ne manquera pas de vous serrer le cœur.
Le jeu du chat et de la souris, Setona Mizushiro, Asuka éditions, mai 2007, 7,95 euros
300ème et nouvelle rubrique
301ème message actuellement. Je ne sais pas encore ce que je vous raconterai demain, mais chaque jour, immanquablement, je trouve tout de même quelque chose à dire. A ce rythme, depuis avril, j'ai écrit 300 billets, courts ou longs, intéressants (si, quand même, parfois) ou pas, drôles ou sérieux, bref, j'écris.
Nouvelle rubrique. J'agrandis au fur et à mesure avec d'autres idées de textes. Je viens de rédiger une présentation de site pour le webzine de neoplaisir. J'avais déjà réalisé trois présentations de sites Internet pour sextoyer. Alors continuons. Je vais rapatrier tous ces textes ici et poursuivre sur ma lancée.
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