Nouvelle rubrique "films et autres dvd"
Je me rends compte que je ne sais pas très bien où placer des commentaires sur des films. J'avais mis dans la rubrique "tests de produits" le dvd sur les massages érotiques et celui du Kama Sutra avec Yasmine. J'ai une autre présentation de dvd à récupérer sur sextoyer : le Kama Sutra commenté par B. Lahaie. Et puis là, j'ai deux textes en préparation, dans mes brouillons, sur un court-métrage classé dans les "films pornos pour femmes" et un autre sur la série Aphrodisia que je pensais mettre dans "opinions et humeur".
Et pourquoi ne pas créer une catégorie spécifique sur tout ce que je vois ? Je pourrais en profiter pour dire deux mots sur Obsessions cachées d'A. Blake, d'autant plus que je devrais voir le deuxième volet prochainement. Ou sur d'autres films comme Samsara. Je n'ai encore guère rempli la rubrique "films" du club des sens. Ce sera peut-être l'occasion de laisser aussi mon avis sur l'Empire des sens même si, honte à moi, je n'ai pas réussi à regarder les dernière minutes parce que je m'endormais devant ce film.
Bref, beaucoup de films ou de documentaires à évoquer. Peut-être pas de façon détaillée. Je ne suis pas cinéphile, je n'ai aucune connaissance dans l'analyse filmique si ce n'est un cours bien trop court dispensé dans une autre vie à l'iufm auquel j'avais assisté. Ce seront donc des avis très subjectifs, pour noter ce que j'ai aimé ou pas, ce qui m'a frappé ou ennuyé, en deux lignes ou beaucoup plus, selon l'envie du moment.
Il faut bien le dire, ce que je préfère, ce sont quand même les comédies romantiques :D
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La force de l'amitié
Je parlais il y a quelques jours du mariage d'un couple d'amis qui a eu lieu samedi. Je connais B, le marié, depuis neuf ans je crois. A son mariage, pas de famille de son côté. Tout simplement parce qu'il n'en a plus aucune, ayant fui son pays en guerre et s'étant réfugié en France quand il était plus jeune. Pas de famille au sens strict du terme, et pourtant une véritable famille qu'il s'est créé.
A table, je demande à mon voisin quels sont ses liens avec les mariés. Il me répond : "je suis le frère de B. Son frère de coeur." Il n'a pas été le seul au cours de cette soirée à utliser cette expression, "frère de coeur". Je n'ai jamais rencontré des personnes aussi profondément attachées à quelqu'un, aussi heureux d'accompagner ce couple en cette belle journée.
J'ai ce jour-là rencontré beaucoup de frères et de soeurs. Je ne me nomme pas moi-même "soeur de coeur". Mais je sers à l'occasion de petite ou de grande soeur, celle qui conseille, qui donne son avis parce qu'on le sollicite. Un jour, B. m'a dit "bon, à toi, je peux le dire, tu es ma soeur". C'est une des plus jolies choses que l'on m'ait dite spontanément.
Jeu corps à coeur romantique
Le jeu corps à cœur romantique est constitué d'une boîte en carton rose de 15 cm maximum de côté. Sur le couvercle on peut lire : « 100 défis pour vivre un amour romantique à l'état pur » et au dos la présentation suivante : « Un jeu à deux très excitant pour consommer l'autre sans modération. Saisissez à tour de rôle un gage à l'aide de la pincette. Séduction ludique, préliminaires tendre, fantasmes coquins ou défi érotique... Que va-t-il vous arriver ? Vivez un moment éro-mantique ensemble ! »
Je suis d'accord pour les préliminaires tendres, pour la séduction ludique, mais pas pour les fantasmes coquins ou les défis érotiques. Il me semble que le corps à cœur érotique (puisqu'il existe une autre version de ce jeu) serait plus approprié pour de tels gages.
A l'intérieur de la boîte se trouvent des petits rouleaux de papier serrés les uns contre les autres. Y en a-t-il cent comme indiqué ? je n'ai pas compté. Il y en a en tout cas beaucoup. Une pince en plastique rouge permet de se saisir avec précision de ces rouleaux. D'un côté du papier, le gage en néerlandais, de l'autre côté en français.
Ces gages sont très gentils, il s'agit soit de questions à poser à son partenaire, soit de petites actions à faire comme « envoyez à l'improviste un message SMS : je t'aime » qui nécessitent parfois un petit peu de réflexion ou une petite mise en scène. Exemple : « Flirtez ce soir avec votre partenaire comme si c'était la première fois que vous vous rencontriez. »
C'est ainsi qu'après y avoir joué hier soir nous avons tiré chacun deux rouleaux. Il nous reste deux actions à réaliser pour ce soir : une douche ensemble à la lueur de bougies (on va sortir le chandelier, ce sera plus facile) et « préparez une petite surprise à l'attention de votre partenaire qui lui montrera que vous avez pensé à elle/à lui aujourd'hui. » A moi de réaliser ce gage, je n'ai pas encore d'idées, mais j'ai deux heures devant moi pour trouver...
Après utilisation, nous reformons le rouleau afin de pouvoir le retirer plus tard, ce serait dommage de creuser des trous dans ce cœur.
Ma conclusion est assez mitigée : c'est un produit très léger par son contenu, les idées de gages sont sympathiques mais pas extraordinairement recherchées, la boîte est jolie mais dommage que ce ne soit que du carton, c'est un petit jeu simple à faire, rapide, agréable mais très limité par ce côté mignon-tendre-gentil, le prix du produit ne me semble pas justifié car après tout ce n'est que du papier. Avec un peu d'imagination, on peut aisément se passer de tirer de tels gages, on les réalise soi-même spontanément. Cela dit, le jeu tient dans le hasard, dans la surprise de la découverte. Et même quand on peut faire fonctionner son imagination, il est parfois reposant de se laisser guider par un petit bout de papier roulé.
Texte rédigé pour le webzine de neoplaisir.
Step up love story de Katsu Aki
Le jaune flashy de la collection ne vous a encore jamais sauté aux yeux ?
Laissez-moi dans ce cas vous la présenter.
Step up love story est un manga, cette bande dessinée japonaise qui se lit de droite à gauche. J'ai acheté les cinq premiers volumes de la collection dans une brocante. La dame qui me les a vendus pour une bouchée de pain m'a prévenue : « oh, vous savez, ça se lit à l'envers ces machins-là » Elle n'avait pas lu les volumes et cherchait à tout prix à s'en débarrasser, ce qui a bien fait mon affaire.
J'avais commencé à lorgner du côté de cette série en achetant le Sex guide. C'était léger, amusant, instructif quand on n'y connait rien (mais il ne faut vraiment rien y connaître), un peu naïf, un peu sommaire au niveau des informations transmises, voire discutable, mais il y avait un esprit « Step up love story » déjà reconnaissable.
Mes achats suivants se sont portés vers les deux dvd de la série qui existent à ce jour. Step up love story en version animée, ce sont les coloris, les voix, et la musique entêtante du générique que je fredonne à défaut de chanter (je ne parle pas japonais, que voulez-vous !), et puis cette tendresse de tout instant entre deux époux qui découvrent la sexualité.
Car tel est le thème de toute la série : un jeune couple découvre le sexe et ses aléas, ses problèmes et ses joies. C'est frais, divertissant. Et ce jeune couple formé par Makoto et Yura est si attachant ! On aurait presque envie de leur parler : « écoute Yura, prends un peu d'initiatives, que diable ! Makoto, arrête de t'emballer comme ça, tu ne pourrais pas penser à autre chose de temps à autre ? » Makoto ne pense en effet qu'à ça, et Yura, même si elle l'avoue moins, n'en pense pas moins.
Avec ces deux personnages se développe l'apprentissage (c'est le sens de « step up » traduit en « leçons » dans le dvd) de la sexualité. Chaque volume développe un thème : la fellation, la levrette, le 69, etc. Curieusement, les deux dvd correspondant à quatre leçons ne sont pas l'exacte reproduction du manga. Je m'y attendais pourtant. Mais les aventures sont réellement différentes. Certains points sont repris, comme l'installation de la cousine gynécologue dans l'appartement d'à côté, mais le traitement de chaque épisode est complètement différent. Curieux, mais intéressant, je n'ai donc aucun regret d'avoir acheté à la fois les dvd et les livres, et je pense poursuivre l'achat des dvd qui nous permettent de partager en même temps cette « lecture », mon mari et moi. Ce sont des éclats de rire garantis face aux scènes où Makoto se perd dans ses fantasmes.
Le jaune fluo de la couverture, mêlé aux caractères rose, est vraiment racoleur, et ce côté « m'as-tu vu » est relayé par les courtes présentations que l'on trouve sur cette couverture : « Cette histoire est une « Bible du sexe ». Satisfaction garantie ! Une nouvelle série pour toutes les générations d'amoureux. » , « Ce manga est une histoire d'amour et de sexe. Achetez le sans plus tarder et vous serez conquis ! » ou encore « Etes-vous aussi performant dans votre vie sexuelle que vous aimeriez l'être ? Ce manga est une histoire d'amour, un bel amour ! Ses effets sont à la fois renversants et définitifs. Merci à vous tous. » Cet aspect me fait sourire, tout comme la présence d'un préservatif dans la pochette du dvd.
Quelques données objectives sur les volumes : chacun fait 180 pages réparties en dix petits chapitres tous annoncés par une page de titre. Le titre original est Futari H. L'auteur en est Katsu Aki. Le manga est interdit aux moins de 15 ans. Les dessins sont en noir et blanc. Les parties génitales sont scrupuleusement cachées. Chaque information donnée dans le cadre de la narration est reprise par un sondage, schéma avec source japonaise notifiée. En fin de volume, des sondages avec données françaises équivalentes ou schémas sur les mêmes données sont fournies si possible. L'éditeur, Pika, encourage toute personne à fournir des chiffres qui lui permettrait de compléter ces données.
Pour conclure : une série gentille et agréable à lire.
Le traité des caresses, Docteur Gérard Leleu
J'en suis à la page 95 sur les 384 et je craque. Je ne lirai pas la suite. Bye bye Docteur Gérard Leleu. Restez dans votre monde archaïque où les hommes sont des rustres et les femmes des mères de famille. Stéréotypes poussés à l'extrême, lamentable simplification de la pensée, voilà tout ce que je trouve dans ce Traité des caresses, édition revue et augmentée de 1998.
Je ne reprocherai pas la forme : structure claire, prose cadencée, un rythme agréable à lire, certains passages notamment de l'introduction sont une merveille d'écriture. J'avais envie de déguster les mots en les prononçant, en plaçant mon souffle à chaque virgule. Bravo pour ces passages qui ne peuvent qu'emporter l'adhésion.
Mais le contenu... aie aie aie. Tout d'abord, j'ai eu envie de vous envoyer mon livre à la figure quand vous évoquez le développement de l'enfant nourri au sein, développement meilleur selon votre théorie que celui du pauvre bébé que la mère a privé de cette caresse de la succion, et surtout de ce pauvre bébé en couveuse. Mon fils aîné était prématuré, mon deuxième fils a été allaité sept mois. Vous citez ce que je connais bien et vos schémas préconçus m'horripilent terriblement. Non, rien ne se passe comme vous le dites dans la vraie vie. Vous créez une vie idéale où la caresse résoudrait tous les maux de ce monde. Je ne nie pas l'importance du toucher, de la caresse, croyez-le bien. Mais tout simplification est mal venue.
Et ce besoin constant de rapprocher l'homme de l'animal, de le comparer à tout instant... Pfff... Et la déification de la femme, quelle horreur. Et la représentation de l'homme, ce machiste à la côte de mailles, le flegme britannique, le sel control, et toutes ces bêtises... Condensé d'âneries.
Quelques prototypes particuliers d'êtres humains ne sont pas la réalité dans son ensemble. Le traité des caresses, ce ne sont que quelques clichés érigés en vérité universelle.
Et parce que je ne veux pas me laisser emporter, voici quelques extraits pour se faire son propre jugement :
p. 55 "L'adulte pâtit des frustrations des temps passés, dont les effets se perpétuent, et subit celles des temps présents si son amant(e) n'est pas caressant(e). En réaction à ces privations, il peut, comme l'enfant, faire appel à des palliatifs ou traduire sa souffrance dans le langage du corps.
Les palliatifs sont les bains où il passe plus de temps que nécessaire à sa propreté afin de prolonger le suave enveloppement de sa peau par l'eau chaude (de plus, cette immersion réactualise, dans les couches profondes de sa mémoire, la vie intra-utérine et les tubs de l'enfance); les bain de mer et les bains de soleil jouent ce même rôle; la passion de nos contemporains pour les caresses marines ou solaires traduit, sans doute, l'âpreté de la vie et une carence de tendresse [...]"
p. 82, à propos des hommes : "Leur rôle traditionnel de « dur » les empêche d'être eux-mêmes. Les hommes n'oseraient jamais dire à leur femme ou à qui que ce soit qu'ils ont eux aussi besoin de caresses, de peur de passer pour un « pédé » ou un efféminé. [...] Les hommes auraient peur, sous la caresse, de se ramollir, de perdre la face. [...] Comme il n'est plus un enfant, l'homme se croit juste bon à trimer, à taper sur un ballon ou à tuer ; et donc destiné à la jungle, au sport ou à la guerre uniquement. Pourtant la tendresse, pour un homme, n'est nullement déplacée.
L'attitude des femmes concourt à leur frustration. Il y a celles qui sont plus mères qu'épouses. [...] Celles qui travaillent n'ont pas le temps d'être tendres ; le repos du guerrier, est-ce un idéal ? Pourl e moment, c'es un r^ve : il n'y a plus que des guerrières, il n'y a plus de repos ! [...] Celles qu'obsèdent les orgasmes ne font pas de sentiments. [...] Enfin, les ultras du féminisme et les « intellos » considèrent que poser la main sur la peau d'un homme est indigne d'une femme."
Le traité des caresses, Docteur Gérard Leleu, Flammarion, 1998 pour la présente édition « revue et augmentée ».
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