Elixire-moi chocolat-piment de fun factory
Avis déposé ici, sur le webzine de neoplaisir et ici, sur le club des sens.
Excellente saveur pour ce cocktail inattendu ! 
Le produit se présente dans un double emballage très soigné. Elixire-moi est un petit flacon de verre, muni d'un spray. Pour peu, on pourrait croire à un parfum.
La taille des produits surprend souvent lorsqu'après les avoir vus sur photographie, on se les imagine ou plus grands ou plus petits. L'elixire-moi est plus petit que je ne m'y attendais : le flacon ne contient en effet que 30 ml.
L'odeur dégagée par ce produit est très agréable, le goût est savoureux. On reconnaît discrètement le chocolat car le piment ajoute une note particulière à l'ensemble.
Contrairement à ce que je redoutais, le goût n'est pas fort. Après avoir eu une malencontreuse expérience avec un piment rouge, peu habituée à toute alimentation relevée, je craignais en effet ce seul nom de piment. Erreur, le produit est doux et, je me répète, d'un goût agréable.
Quant à la suite des événements, je ne pourrai vous en dire plus car j'ai malencontreusement cassé la bouteille, je n'ai donc pu que m'en mordre les doigts (après les avoir léchés bien entendu !).
Donc, un conseil pour les maladroits comme moi : faites bien attention au peu de solidité que présente l'emballage cartonné, certes très beau, mais pas conçu pour être brusqué.
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Love pink bullet
J'ai envoyé ce texte à pinkeo. Il n'a pas encore été publié et je ne sais pas s'il le sera.
Il y a des sextoys infantilisants. Celui-ci en fait partie. J'ai passé l'âge de jouer avec des Little People, et ce n'est pas la bouille trognon de ce petit animal rose qui peut me faire changer d'avis.
Et d'abord, quel est-il, cet animal ?
Cornes de vaches -c'est pour mieux cibler ton clito, mon enfant !
Queue de cochon -mais c'est moi qui en ai la tête.
Love pink bullet, puisque tel est son nom, est un amour de petite chose que je confierais volontiers à mes enfants. Malheureusement, en guise de pieds, il possède un bouton poussoir et, quand on appuie dessus, ma petite chose vibre au lieu de chanter des comptines.
Je me suis donc résolue à le garder pour moi.
Restait à en trouver l'usage. Mini-stimulateur, il se loge au creux de la main pour vous faire fondre. C'est un petit animal de compagnie pour ne pas s'ennuyer toute seule, un tamagotchi-vibreur en silicone bien nourri au vu de ses mensurations : 6 cm pour un tour de taille de 8, étanche d'après la succinte notice (mais je n'ai pas vérifié), lisse, doux, d'un rose si tendre qu'on a malgré soi envie de l'apprivoiser.
Livré dans un moulage en plastique, enserré dans une boîte en carton, il est prêt à l'emploi, pile dans le ventre. On pourrait même changer la pile, contrairement à ces cokrings vibrants jetables aux piles déjà à moitié mortes quand on les reçoit. Malgré mon anglais hésitant, le “reusable with changing battery” du carton ne me laisse aucun doute. Cela dit, il n'aurait pas été superflu de livrer le mode d'emploi avec. Cette opération à coeur ouvert me semble si délicate à effectuer que j'ai les plus grandes craintes pour la vie de mon petit animal.
Je parlais des piles défaillantes des cockrings. Je m'attendais un peu à la même chose avec mon petit bouchon. Erreur : il est vif et guilleret. Ses vibrations ne sont hélas pas modulables, mais elles sont intenses et atteignent leur but en moins de temps qu'il ne le faut pour l'écrire.
Car oui, malgré mes réticences, j'ai poussé le test jusqu'au bout, je m'en suis servie.
Mes conclusions ne sont pas mauvaises : il remplit son office à défaut d'orifice, sa texture est douce et agréable, ses vibrations sont puissantes pour un tel petit boute-en-train.
Encore faut-il aimer les jouets d'enfants.
Je réfléchis alors à la clientèle envisagée pour ce toy.
Beaucoup semblent apprécier les pingouins et autres compagnons à pattes ou à plumes. Peut-être apprécieront-ils tout autant cet être mi-vache mi-cochon.
A moins qu'un public ultra-jeune ne soit finalement visé. J'imagine très bien des lycéennes (voire des collégiennes, mais je pousse le bouchon un peu loin...) montrer par bravade à leurs copines leur petit stimulateur dans la cour de récré.
A l'instar de la lingerie qui s'empare des tailles destinées aux pré-ados (“T'as vu, j'ai un string, ma mère ne le sait pas !”), les sextoys ne tenteraient-ils pas avec ce produit une percée dans le porte-monnaie parfois bien garni de jeunes demoiselles en quête d'émotions (dont celle de ne pas se faire pincer avec ce jouet sera peut-être la plus forte) ?
Encyclopédie de la bande-dessinée érotique
Avis déposé au club des sens, mis en ligne ici.
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Les plus : livre de portée facile, tout public ou presque, bonne introduction à l'univers de la bande dessinée érotique, illustrations, quelques planches, facilité d'utilisation, beau volume |
Cette encyclopédie de la bande dessinée érotique était la bienvenue chez moi car je ne connaissais strictement rien à ce genre, et je connais également très peu la bande dessinée d'une manière générale. Pour une introduction au genre, ce volume est très utile.
L'avant-propos nous prévient qu'il ne sera traité que de la bande dessinée érotique et non des scènes érotiques dans la bande dessinée en général.
Le livre présente tout d'abord une introduction, "un sièce (ou presque) d'érotisme en BD" qui retrace donc une chronologie succinte (20 pages avec un texte qui ne prend qu'une partie de ces pages, en assez gros caractères et quelques illustrations bienvenues comme des couvertures de magazines souvent disparus à l'heure actuelle) de la bande dessinée érotique en faisant des bonds entre la France, l'Italie, l'Espagne, les Etats-Unis, le Japon... Plusieurs fois sont évoquées des lois visant à censurer des ouvrages, sans néanmoins donner de détails. Nous arrivons donc là, dès le début, avec ce seul exemple, à une limite de l'ouvrage : il s'agit d'une encyclopédie destinée à la découverte et non à l'approfondissement.
Suite à cette introduction, nous arrivons au coeur même de l'ouvrage, le dictionnaire des créateurs. Ces créateurs peuvent être scénaristes, dessinateurs ou les deux à la fois. Les créateurs sont de diverses nationalités. Chacun a doit à une double page, avec présentation de la personne et de son oeuvre, plusieurs illustrations, voire une planche complète en petit format.
Sur la page de droite, dans un encart coloré figure un gros plan sur un personnage, ou une série, ou encore un magazine auquel a collaboré le créateur, etc. Il peut s'agir d'un seul paragraphe ou d'un texte couvrant toute une colonne de la page.
Différents index terminent l'ouvrage : index des personnages, des collections, des albums et séries.
Il s'agit d'un livre très intéressant qui m'a donné envie de lire certaines bandes dessinées, notamment de découvrir celles dessinées par Arcor ou Chris car leurs illustrations sont d'une grande beauté.
Avis sensiblement identique rédigé pour le webzine de neoplaisir, en attente de publication.
Les rabbits et moi
Texte écrit pour le site Internet de sensuelle.
Qu'attend-t-on d'un rabbit à part le fait de pouvoir jouer à la fille qui copie une série télévisuelle ? Ce ne pouvait être que cela, évidemment. Le rabbit, c'est la garantie d'une stimulation vaginale et clitoridienne. Le lapin est donc après l'homme le meilleur ami de la femme. C'est en tout cas ce que je lis réguièrement.
Je n'ai cependant jamais eu envie de m'acheter un rabbit. Cette tête de lapin innocent qui va passer à la casserole m'a toujours freinée dans mon penchant à jouer à la femme moderne multi-stimulable. Le lapin porte d'ailleurs mal son nom. Il est parfois remplacé par un dauphin bleu qui veut bécoter le clitoris. Mais je me sauve de Willy, je ne veux pas non plus de bécots de dauphin. Le monde marin a un autre représentant : une sirène droite comme un i avec sa queue qui frétille et se frotte à nous lors de sa danse lascive. Je n'écoute pas le chant des sirènes. Qu'on me lie à un mât et me bande les yeux si j'y succombe. Bien sûr, il y a aussi Paul et sa copine Paulina, mais leur aspect de chenille boudinée m'a toujours éloignée d'eux.
En définitive, faut-il que je me tourne vers des modèles hi-tech pour m'affranchir de cette hostilité envers les rabbits ? Hélas, ces super-héros à la chevelure hérissée, au bras articulé qui semble tenir un sabre prêt à me pourfendre m'ont effrayée. A mi-chemin entre le cactus et le samourai, ces rabbits endiablés qui se tortillent de mille et une façons frappent mon esprit : jusqu'où la surenchère d'effets ira-t-elle ? Verra-t-on un jour un rabbit avec quadruple stimulation, baguettes magiques enfoncées une devant, une derrière, une effleurant la chair palpitante et la dernière, bras multi-directionnel venant passer un doigt auto-lubrifié sur des mamelons durcis ?
Voir des rabbits me donne des cauchemars. J'attends toujours de trouver celui qui, simple d'aspect, non figuratif, joli -oui, rien que ça !- pourra contenter mon goût personnel et me faire enfin découvrir l'intérêt d'un tel jouet.
Au secours, je fais du 90A !
Texte pour le site Internet de sensuelle, mis en ligne ici.
Je n'ai jamais eu une forte poitrine, certes, mais de là à faire du 90A ! Tiens, ce devait être approximativement ce que je portais il y a presque vingt ans. Je me revois avec mon premier soutien-gorge qui me démangeait et que je ne pouvais pas retirer parce que je me trouvais à mon cours de piano. Il a donc fallu supporter la lente torture de ces démangeaisons une partie de l'après-midi pour enfin, d'un geste salvateur, tout retirer une fois rentrée à la maison. Il devait, si je m'en souviens, être blanc à petits pois, un peu comme les chaussettes de Dorothée.
Après ces débuts laborieux, la poitrine a pris un peu de volume. Oh, pas tant que ça, juste une taille de bonnet. Mais je me retrouvais dans la norme, ce 90B que l'on hait lorsque l'on veut faire les soldes dans une boutique de lingerie et qu'on ne trouve dans le modèle qui nous plaît qu'un maigre 85A ou un autre extrême.
Ensuite, il y a eu des hauts et des bas. Une grossesse, et je passais au 95C, un allaitement, et le 95E pointait son nez. Avouez qu'après ça, se retrouver dans sa taille normale est assez décevant. Oh, mais, il n'y a plus rien ! Les mamelons ressemblent à des ballons de baudruche qui auraient subitement dégonflé.
Et puis un jour, après trois grossesses et après avoir maigri, on se rend compte que le 90B de la normalité devient trop large, gondole, et l'on se dit que les coques sont bien utiles pour soutenir quelque chose, mais que décidément, à présent, ces dernières ressemblent davantage à des coquilles vides. Le phénomène est encore plus flagrant quand il s'agit de porter une robe près du corps, le genre de vêtement qui doit souligner les formes. C'est alors, définitivement, que j'ai pris conscience du vide. A tel point que j'ai fait la grève du soutien-gorge. Je n'ai pas de poitrine, à quoi me sert de porter un sous-vêtement qui marquerait cette absence ?
Mais non, je n'ai pas pu m'y résoudre. A se demander quelle est la véritable fonction du soutien-gorge. Soutenir ? Mon oeil. Il est là pour que ce soit joli, pour le coordonner avec la petite culotte, pour l'oeil approbateur de monsieur quand il me surprend en train de m'habiller en quatrième vitesse le matin parce que je suis en retard, qu'il y a les enfants à conduire à l'école et que le café n'est pas prêt. Un bref instant où l'on regrette justement de ne pas avoir de temps devant soi. Et puis il est un signe de féminité, tout simplement, que je ne suis pas prête à abandonner. J'ai souffert une après-midi de piano, et ce ne sera pas pour des prunes, qu'on se le dise !
Reste à me trouver un soutien-gorge à ma taille, à ma nouvelle taille. J'ai donc abandonné mari et enfants à leur sort pour me préoccuper du mien dans une séance shopping d'un samedi après-midi. Petit tour de boutique, mon oeil est attiré par de jolis modèles... en 90B. Peu résolue à entendre raison, j'en prends un pour l'essayer, et puis me dis quand même qu'il faudrait trouver une taille plus petite, au cas où. Et là, quel embarras : quatre modèles ? Cinq ? Le bonnet A ne fait pas légion. Adieu fine dentelle, voile transparent, jeu du suggéré mi-dévoilé. Les modèles sont tous opaques et munis de petits coussinets rembourrés. Un oeil sur l'enseigne : non, il ne s'agit pas de wonderbra. Juste etam lingerie, le magasin le plus proche de chez moi que je trouvais à mon goût jusqu'à présent.
Après essayage, il a bien fallu me rendre à l'évidence. Exit le bonnet B, j'étais entrée dans l'ère des bonnets A. J'en raflais deux, avec un tanga en prime. Non, pas deux. Il va falloir m'armer de courage, je le sens, dans la dure vie des bonnets A : il n'y a pas toujours le coordonné adéquat, le petit string qui parfait l'ensemble. Mais haut les coeurs ! Tout d'abord, j'ai pile ce qu'il me faut dans mon tiroir rempli de petites culottes de toutes les couleurs, et puis mine de rien, je n'ai pas à porter le soutien-gorge à petits pois de mon adolescence : quel chemin parcouru !
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Faux sexes ?
Texte pour le site Internet de sensuelle, mis en ligne ici.
Tout a commencé par une discussion entre mon mari et une de ses collègues, la seule quasiment que je connaisse, et que j'avais tenu à connaître parce que mon mari parlait, à l'époque, un peu trop souvent d'elle à mon goût (non, je ne suis pas jalouse, simplement méfiante) :
"Comment ça, des sextoys ? dit-elle en faisant des yeux ronds. Ah non, pas de ça chez moi, je préfère un vrai."
Mon mari me répète ses propos. Et là, je me dis : Mais un vrai quoi ? un vrai sexe ? Mes vibromasseurs seraient-il de faux sexes masculins ?
Je contemple donc ma collection et commence un inventaire à la Pierre Perret : des petits, des gros, des maigres, des recourbés, des doux, des durs... Stop !
Ce n'est pas que je les préfère à "un vrai" : cela n'a tout simplement rien à voir. Je sais encore faire la différence entre un être humain et une machine. Ce n'est pas parce que je ne sais plus où ranger ces petits (ou gros) objets tellement j'en ai que je n'aime pas mon mari et que nous ne faisons plus rien ensemble.
Mais enfin, ce n'est pas non plus parce que nous sommes passés devant Monsieur le maire et Monsieur le curé, il y a quelques années, que nous devons nécessairement rester sages au lit et nous octroyer pathétiquement, parfois, la variante du "c'est moi qui viens au-dessus ou c'est toi ?".
Mes sextoys peuvent prendre plus ou moins l'apparence d'un phallus, ils n'en auront jamais que l'apparence. D'ailleurs, pourquoi dis-je "mes" sextoys ? Ne sont-ils pas à nous deux ?
Monsieur approuvera ce texte et saura ainsi quoi répondre la prochaine fois que quelqu'un lui suggèrera que des machines pourraient le remplacer.
Le jour où j'ai renoncé à aller chez la dermatologue
Texte pour le site Internet de sensuelle, mis en ligne ici.
Cela avait commencé tôt : sévères problèmes d'acné à l'adolescence, et donc suivi chez une dermatologue avec produit pour nettoyer la peau à l'effroyable odeur et onguent maison, crème épaisse pour tartiner le visage. Tout cela en vain : l'acné restait.
Quelques années plus tard, je croise une infirmière qui me parle d'un traitement miraculeux : le roaccutane. Quelques années s'écoulent encore avant que je ne me prenne en main et consulte une autre dermatologue, qui me prescrit, suite à un pré-traitement à base de crèmes, le fameux roaccutane, la panacée des peaux acnéiques.
S'enchaînent plusieurs mois de soins, avec visite mensuelle et traitement local pour ôter des micro-kystes au visage. Mon portefeuille se vide, mais les kystes, grâce au traitement local, disparaissent.
Avant, bien entendu, de réapparaître. Roaccutane a été un sanglant échec.
« Je ne comprends pas, je vous ai pourtant prescrit une dose supérieure à la normale, et l'acné résiste encore. »
Merci, j'avais remarqué.
Un an de soins pour un résultat médiocre.
Les années passent encore. J'en ai assez de quelques micro-kystes laids apparus sur mon visage : je consulte une nouvelle fois une dermatologue.
« - Quelle crème utilisez-vous ?
- Moi ? Mais rien !
- Alors ce n'est pas étonnant que vous ayez un tel grain de peau, des points noirs, etc. Utilisez ça et revenez plus tard. »
De plus tard en plus tard, j'essaie une crème, une autre, puis vient le moment du peeling, ou comment agresser la peau en quelques minutes.
« Vous verrez, vous aurez une peau neuve. » Autre séance de peeling prévue ultérieurement...
Et là, je craque. De mois en mois, depuis plus d'un an, je me balade de rendez-vous en rendez-vous. Rien ne change sur mon visage. Je jette alors tous mes produits à la poubelle.
Un grain de folie, mais plus aucun traitement agressif sur ma peau et finalement, le jour où j'ai renoncé à aller chez une dermatologue est un jour béni.
Le jour où j'ai annoncé à autrui que j'étais (encore) enceinte.
Texte pour le site Internet de sensuelle, mis en ligne ici.
J'étais la jeune maman d'un ravissant bébé qui gazouillait. Mon fils avait quelques mois. Je suis tombée enceinte. Un accident de préservatif.
Quand je me suis aperçue ou plutôt quand je me suis inquiétée d'avoir un cycle si étrange après mon retour de couches, j'étais déjà enceinte de trois bons mois.
J'ai donc annoncé la nouvelle à mon entourage :
"Comment ça, enceinte ? Mais ça ne va pas dans ta tête ? Cela ne te suffit pas, un marmot ?"
"Ce n'est pas un T4 que vous auriez dû acheter, c'est un immeuble si tu contines à ce rythme."
Le moral au top après ces bonnes paroles, je promenais ma silhouette qui s'empâtait un peu. On me regardait avec des yeux presque aussi ronds que mon ventre :
"Encore ?"
Quoi encore ? Ce n'est que le deuxième.
Cet "encore", je l'ai entendu en écho. Il semblait se répercuter sur les lèvres des gens que je croisais.
"Vous allez en avoir combien comme ça ?" ou sa variante "Vous en voulez beaucoup comme ça ?"
"Tu aurais dû acheter un T10."
Tiens, je croyais que c'était un immeuble qu'il nous fallait.
"Tu vas l'avoir sec, ma fille ! Je n'aimerais pas être à ta place."
"Et comment vous allez faire ? Il aurait peut-être fallu réfléchir avant."
Mon deuxième fils est né. Il vous remercie pour votre sollicitude.
Dédicace à toutes les femmes qui se sont trouvées dans cette situation.
Et votre premier sextoy, c'était comment ?
Questionnaire de neoplaisir auquel j'ai répondu. Mis en ligne ici.
1 – Vous utilisez des sextoys depuis combien de temps ?
Depuis l'été dernier.
2 – Vous souvenez-vous de votre premier sextoy ? Il s’agissait de quel objet ?
Une horreur, un vibromasseur prenant l'aspect d'un épi de maïs qui sentait horriblement mauvais le plastique et a senti mauvais très longtemps ! J'avais acheté en même temps un mini-vibro dur d'aspect, mais un peu plus intéressant tout de même que cette horreur.
3 – Vous l’avez acheté vous-même ou bien, on vous l’a offert ?
Nous les avons acheté à deux, sur un site en ligne, pendant la sieste des enfants, un samedi après-midi :) Très stimulant, la première fois que l'on fait un tel achat !
4 – Comment avez-vous réagi la première fois que vous l’avez tenu dans vos doigts ? Qu’en avez-vous pensé ? Quelles ont été vos impressions ?
Pour l'horreur en plastique, "berk, ça sent mauvais !" Et puis il était plus long, plus gros que je ne le pensais. De fait, le mini-vibromasseur m'a un peu rassurée.
5 – L’avez-vous utilisé assez rapidement après réception ?
Oh, ça oui !
6 – Vous avez utilisé votre premier sextoy seule ou à deux ?
A deux, comme toujours. C'est plus amusant ainsi.
7 – L’essayer, ce fut l’adopter ? Vous a-t-il convaincue ? Ce sextoy vous a-t-il donné envie d’en posséder d’autres ?
Le premier, mon épi de maïs, non, pas du tout ! Ses vibrations se concentraient à l'extrémité de l'appareil alors que le vibromasseur était long, il faisait beaucoup de bruit et... mais je vais me répéter, sentait mauvais. Si je m'étais arrêtée là, j'aurais gardé une mauvais impression des sextoys en général. Par contre, le deuxième, plus petit, était plus sympa : violet, certes dur, bruyant aussi, mais nous l'avions payé que quelques petits euros, on ne pouvait donc pas exiger une qualité irréprochable. Envie d'en posséder d'autres ? oui. Il fallait bien réussir à trouver mieux !
8 - Aujourd’hui, combien possédez-vous de sextoys ?
Euh... d'après un compte rapide, 22. Mais ça comprend tout, dildo, chapelet, boules de geisha, vibromasseurs... Et dans le lot, il y a un mini canard blanc "Paris" si joli que je garde pour la déco uniquement. Et cela comprend aussi mon horrible épi de maïs ainsi que la sucette vibrante que je n'utilise pas vu son peu d'intérêt.
Les sextoys ne sont pas les seuls "toys" : on a une collection d'huiles de massage, poudre à déguster sur le corps de l'autre, plumeau, lubrifiants parfois comestibles avec d'excellents goûts de cannelle ou autres, des préservatifs pour fellation chocolatée, toute une série de jeux, des livres, dvd... Bon, j'arrête là, je vais faire des envieux. :D
9 – Pensez-vous que les sextoys apportent un petit plus dans les relations intimes ?
Oui, bien entendu (sinon, je n'en aurai pas tant !) Ils donnent un petit côté fun à la chose, ils servent aussi bien dans les préliminaires, dans l'action même ou même ensuite, pour mon plaisir personnel dans ce cas, quand monsieur est k.o. (parce que ce genre de choses arrive, évidemment, nous sommes des gens normaux).
10 - Quelles sont pour vous les qualités que doivent posséder un sextoy ?
Pour les vibromasseurs : pas trop bruyant surtout ! De préférence doux, même si certains en plastique lisse peuvent également être intéressants. Maniable. Je déteste les sextoys réalistes : il faut donc qu'ils soient jolis, colorés, avec une forme qui ne soit pas la réplique exacte d'un sexe masculin en érection. Sans cela, je ne vois pas très bien l'aspect ludique de l'objet, le but n'étant pas de "remplacer" mon mari.
11 - Quel est celui qui vous fait craquer mais que vous n’avez pas encore pu vous acheter ?
J'ai honte (non, même pas !), mais j'ai déjà acheté des sextoys chers qui m'ont fait craquer : le gigi de lelo (une perfection !), le delight de fun factory (si joli !), l'élise de lelo (avec double moteur)... il me reste quelques stimulateurs comme nea ou lily, toujours de lelo peut-être à acheter pour parfaire ma collection !
12 - Où achetez-vous vos sex-toys ? Sur Internet ? Dans un sex-shop ? En vpc par catalogue ? On vous les offre toujours ?
Je les achète toujours sur Internet. Peut-être un jour viendra où j'irai dans un sex-shop, mais j'attends d'en avoir un potable près de chez moi, ce qui signifie qui ne soit pas dans une petite rue glauque coupe-gorge et sale. Pour cela, il faudrait actuellement que je fasse une heure de route et le love-store en question ne proposse pas de prix intéressants, déjà sur son site Internet, et en boutique, il paraît que c'est pire... Donc, je m'abstiens. Internet, c'est très bien.
On me les offre ? non, nous les achetons ensemble, mon mari et moi, sauf à de rares occasions où j'ai passé seule la commande.
13 – Parlez-vous sextoys entre copines ?
Avec des copinautes, oui, cela arrive.
14 – Utilisez-vous vos sextoys chaque fois que vous faites l’amour ? Assez régulièrement ? De temps en temps ? Rarement ?
A chaque fois, non. Si c'était systématique, cela perdrait de son attrait. Assez régulièrement oui. Il ne faut pas programmer, cela doit venir naturellement. Ils sont à portée de main !
15 - Avez-vous une petite conclusion à faire sur les sex toys et leur apport dans vie intime, votre épanouissement sexuel…
Cela a permis de franchir un pas dans notre couple. Auparavant, nous ne parlions pas de sexe. Disons que les sextoys à eux seuls ne sont pas responsables de ce changement, mais eux, les jeux pour couple que j'affectionne beaucoup, le fait que j'ai pris l'initiative de raconter des fantasmes qui me traversaient l'esprit, bref, tous ces éléments et d'autres nous ont amené à une plus grande liberté d'action et de paroles. Tout est venu progressivement, mais je me réjouis de cet état de fait. Je me voyais mal vieillir en passant les soirées avec un livre (même pas érotique, je lis aussi des livres "sérieux") tandis que mon mari restait sur son ordinateur. Cela aurait mené à quoi ? L'introduction des sextoys a redonné un coup de fouet à tout ça, et puis une chose en amenant une autre, ce triste tableau que j'imaginais avec épouvante s'est éloigné, pour ne plus réapparaître, je l'espère ! Je serai vigilente sur la suite des événements...
concours "une journée dans la peau d'un sextoy"
Au départ, j'avais rédigé deux textes pour ce concours organisé sur le blog de pinkeo qui ont été refusés. Je m'y attendais, car ils étaient volontairement hors sujet.
J'ai écrit le premier en réaction à tous les textes lus jusque alors où les sextoys étaient présentés comme des remplacements du mâle absent ou inexistant.
Ceci n'est pas la vie d'un sextoy, mais l'écrit d'un collectif de sextoys.
Nous, vibromasseurs, boules de geisha, dildos, revendiquons le droit de ne pas être masculins ni d'être de simples substituts de phallus.
A la lecture des écrits présentés pour le concours (comment nous ne savons pas lire ? si vous savez écrire et raconter votre vie, pourquoi pas nous ?), nous avons eu un haut-le-coeur. comment ça, nous nous appelons Paul ? comment ça, nous remplaçons un éventuel petit copain ?
Nous sommes roses, mauves, féminines à l'extrême avec nos strass et nos boas, qu'on se le dise !
Signez notre pétition pour une reconnaissance de notre féminité.
Merci.
le collectif des sextoys indignéEs.
Le deuxième était une bêtise, pour m'amuser :
Nous profitons de l'ouverture de ce concours pour exprimer nos doléances. Toutes et tous, sextoys, vous semblez satisfaits de votre sort ou baissez les bras, Alors, nous, aujourd'hui, avons décidé de clamer haut et fort : non, nous ne sommes pas heureuses, et oui nous avons droit au bonheur.
Notre nom est Balls. Smart Balls. Nous sommes deux soeurs siamoises.
Nous appartenons comme vous le savez à la grande famille des boules de geisha. Mais de geishas, nous n' avons pas la vie. Seulement les boules.
1ère revendication : les conditions et le temps de travail.
Notre travail est ingrat. Nous descendons à la mine sans lumière. Alors que les vibromasseurs ont la belle vie, sortant, rentrant, nous sommes constamment enfermées. Les vibromasseurs profitent d'un aménagement du temps de travail : 5 minutes parfois, la jouissance est là, et ils retournent dormir. Qu'en est-il de nous, pauvres boules ? Nous trimons toute la journée, balancées, secouées. Alors non, nous l'affirmons clairement : il ne faut pas nous prendre pour des bouteilles d'Orangina. Nous avons droit à un peu de calme et de repos.
2ème revendication : les conditions de logement.
Nos demi-soeurs, Luna Balls, ont leur propre boîte de rangement. Quant à nous, nous ne demandons pas la lune, simplement un peu de dignité. Nous sommes en effet exposées à tout vent dans une trousse qui gît béante, serrées comme des petits pois contre des mini-vibros et même, horreur !, contre un tube de lubrifiant qui menace à tout moment de dégouliner sur nous.
Cela ne peut plus durer !
Boules de geisha de tous pays, unissons-nous !
Merci pour votre lecture.
Smart Balls, issues du collectif des sextoys indignéEs.
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